Bruxelles: un gardien de parcs accusé de vendre de la drogue dans un parc licencié

Le gardien de parcs écoulait sa marchandise dans le parc de la Porte de Hal.
Le gardien de parcs écoulait sa marchandise dans le parc de la Porte de Hal. - © THIERRY ROGE - BELGA

Bruxelles Environnement, l'administration qui gère notamment les espaces verts de la Région bruxelloise, a licencié le mois dernier l'un de ses travailleurs, a appris la RTBF. Le gardien est accusé par son employeur d’avoir consommé mais surtout écoulé de la drogue dans un parc où il patrouillait. Ses clients étaient, selon Bruxelles Environnement, des jeunes issus des écoles voisines. Le travailleur, engagé en 2006 en tant que jardinier est devenu gardien de parcs en 2011 et statutaire en 2012. Il était affecté au parc de la Porte de Hal, point de rencontres connu entre dealers et consommateurs de stupéfiants.

Rapport à charge

Si le licenciement a été signifié récemment, les faits ont été signalés à la fin de l'année 2017 et au début de l'année 2018. Son chef d'équipe dresse à l'encontre du gardien de parcs un premier rapport pour harcèlement et non-assistance à personne ayant fait un malaise, mais également suspicion de vente de drogues. Après enquête interne, le gardien de parcs est convoqué pour audition. On lui reproche les faits suivants: "détention et consommation régulière de drogue sur le lieu de travail et durant les heures de travail", "consommation de drogue dans le parc devant et avec certains usagers durant les heures de travail", "achat et vente de drogue à des usagers dans le parc sur le lieu et durant les heures de travail"... Parmi les autres charges, il y a retards et tenue de propos racistes. Bruxelles Environnement annonce alors à son travailleur vouloir procéder à son licenciement et avoir introduit une plainte auprès de la justice. 

Conseil d'Etat

Mais de mars à septembre, les parties se renvoient la balle. Le gardien de parc parle de harcèlement de la part de son supérieur. L'avocat de l'agent propose une mesure de suspension tandis que Bruxelles Environnement maintient sa décision à savoir la démission d'office (moyennant versement d'indemnités). Le travailleur met également sa situation personnelle dans la balance et le fait que l'enquête pénale n'a pas encore abouti.

Le 28 septembre dernier, le gardien de parc attaque en urgence son employeur au Conseil d'Etat mais il est débouté. A la suite de cette information, l'avocat du gardien de parcs, Maître Serge Birenbaum a tenu à nous préciser: "Si l'urgence requise à cette demande de suspension n'était pas démontrée, l'affaire sera examinée dans le cadre d'un recours en annulation classique, sans que la décision attaquée ne soit suspendue en l'attente. Le Conseil d'Etat ne s'est pas prononcé sur le fond du dossier pour l'instant.

Par ailleurs, Maître Birenbaum rappelle que son client bénéficie de la présomption d'innocence et qu'aucune charge de trafic de drogue n'est retenue contre lui, si l'on s'en tient au droit pénal ajoute le pénaliste. L'avocat précise enfin qu'aucune plainte au pénal n'a, à ce jour, été introduite par Bruxelles Environnement

Exemplarité

En tout cas, du côté de Bruxelles Environnement, on souligne que ce licenciement est rarissime. Vu la gravité des faits, Bruxelles Environnement a donc décidé de prendre une mesure radicale, celle du licenciement. "Un agent impliqué à ce point, c'est extrêmement rare", confie une source proche du dossier. "D'où le caractère inacceptable et la sanction qui se devait d'être exemplaire."

Les gardiens de parcs ne sont pas des agents de police mais font partie de ces équipes qui participent au renforcement du sentiment de sécurité dans une ville. Les gardiens de parcs sont tenus à un devoir d'exemplarité, vu les contacts permanents que ceux-ci ont sur le terrain avec des enfants, des adolescents et leurs parents dans les espaces verts.

A Bruxelles Environnement, le casier judiciaire vierge est un critère pris en compte lors du recrutement d'un agent, même si une certaine marge est laissée en fonction de la gravité des faits pour lesquels le candidat a été condamné et de son degré de réinsertion. 

A noter que les gardiens de parcs sont régulièrement confrontés au deal de stupéfiants, dans les parcs et aux alentours. "Chaque matin, lorsque nous entamons nos rondes, il est fréquent de retrouver des seringues au sol", explique l'un d'eux. "Nous devons être constamment vigilants et travailler avec les forces de police".

(Cet article a été rectifié et mis à jour le 28 février 2019.)

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK