Bruxelles: le "Bingo", un milieu lucratif, et parfois dangereux

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La disparition d'un placeur de jeux "Bingo" présente des suites dramatiques. L'homme était porté disparu depuis la fin du mois d'août. Sa voiture a été retrouvée incendiée, et c'est bien son corps qui a été retrouvé en Allemagne. Le milieu du jeu est très lucratif, contrôlé, mais pas toujours bien fréquenté.

L'homme d'affaires bruxelloise d'origine turque exploitait un nombre important de jeux "bingo" dans les cafés de la capitale. Il aurait gagné jusqu'à 2000 euros par machine et par jour. Une affaire très lucrative qui s'est mal terminée. L'homme était en effet porté disparu depuis la fin du mois d'août, sa voiture a récemment été retrouvée incendiée près de Forest National. Son cadavre a été retrouvé jeudi en Allemagne, le parquet de Bruxelles l'a confirmé ce vendredi.

Les enquêteurs n'écartent aucune piste, et redoutent un règlement de compte suite à une dette non payée. C'est que le milieu du jeu brasse beaucoup d'argent, et n'est pas toujours très propre.

Selon la Commission des Jeux de hasard, qui dépend du Service Public fédéral Justice, la capitale compte environ 1400 "bingos". Pendant de nombreuses années, ces machines ont brassé des sommes d'argent colossales. Elles ont parfois attiré tricheurs, escrocs et autres fraudeurs. Patrick Moisse, cafetier dans le centre de Bruxelles, en a été victime : "On a connu plusieurs équipes qui venaient, avec des petites foreuses à accumulateur, qui foraient sur les côtés des "Bingos", passaient un fil, et allumaient alors les numéros gagnants, mais sans jouer avec les billes, évidemment, déclare-t-il. Et là ils retiraient 500 euros, 1000 euros."

Un milieu contrôlé

Depuis 1999, la loi sur les jeux de hasard a fortement assaini le milieu. Les tenanciers doivent avoir un casier judicaire pratiquement vierge. "Les machines ont été contrôlées, les pertes horaires sont contrôlées, les opérateurs sont en très grande partie connus, explique Etienne Marique, président de la Commission. Il y a une transparence financière, en tout cas des placeurs de jeux. Pour les cafés, c'est un petit peu plus difficile."

Les machines sont contrôlées de manière électronique, elles sont d'ailleurs aussi programmées pour distribuer les gains. Sur le terrain, quatre inspecteurs, contrôlent la conformité de ces machines. Quatre policiers et cinq agents effectuent aussi des descentes dans les lieux de jeux, par exemple pour vérifier que les cafetiers interdisent le bingo aux mineurs. La police locale peut également intervenir.  Mais pas dans les casinos, où tout fonctionnaire de police est interdit d'accès.

 

J.-Cl. Hennuy et N. Nahjari

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