Bruxelles: les Roms de la gare du Nord s'installent en face de Fedasil

Les Roms ont été expulsés par la police ce lundi matin
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Les Roms ont été expulsés par la police ce lundi matin - © RTBF

Dès l'aube, ce lundi, la police locale de la zone Bruxelles-Nord a évacué les Roms installés depuis des semaines dans la gare du Nord. La septantaine de personnes présentes a ainsi plié bagage de manière forcée avec, surtout, une majorité d’enfants. Le groupe s'est ensuite installé au parc Maximilien.

Les 72 personnes évacuées ce lundi matin se sont installées aux abords du parc Maximilien, en face de Fedasil, l'Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile.

Au total, 22 enfants se trouvent dans le groupe. Dans le courant de la matinée, une petite fille en état d'hypothermie a été emmenée à l'hôpital Saint-Jean. Pour éviter d'autres incidents similaires, le délégué général aux Droits de l'Enfant, Bernard De Vos, a fait affréter un bus destiné à abriter temporairement ces enfants et leurs familles. Obligés de squatter des endroits insalubres depuis leur arrivée, ces personnes voient en effet leur état se dégrader

Une expulsion qui s'est déroulée sans heurt

Ces familles, roms pour la plupart, étaient présentes depuis plusieurs semaines dans les bâtiments de la gare du Nord. "Parmi les 72 personnes évacuées, la majorité d'entre elles sont de nationalité tchèque. Comme c'est un pays de l'Union européenne, nous sommes obligés de les considérer comme des touristes", explique Roland Thiébault, porte-parole de la police de la zone Bruxelles-Nord. Malgré cela, la bourgmestre de Schaerbeek avait exigé que la Région évacue ces personnes pour des raisons de sécurité. Elle avait demandé que tout soit réglé dans les huit jours. Ce lundi matin, c’est chose faite.

"L'opération a débuté peu après cinq heures (…) Nous nous sommes rendus sur place avec une équipe de 17 agents. Personne n'a été interpellé. Toutes les personnes délogées quittent volontairement le lieu où elles s'étaient installées. L'opération est en voie de s'achever", a-t-il ajouté.

Cette scène montre l’extrême pauvreté dans laquelle vivent ces personnes. Elles ont juste eu le temps d’emporter leurs effets personnels, un matelas et quelques vêtements, de remplir les rares bidons d’eau en leur possession et d’évacuer les lieux.

Aucune solution autre que l’ordre d’expulsion pure et simple n’a été apportée au problème. Selon Bernard De Vos, la situation est dans l'impasse, car les administrations communales se renvoient la balle entre elles et la Région bruxelloise, au Fédéral.

Geoffroy Fabré (avec Belga) - Delphine Wilputte

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