Bruxelles: la démolition de nuit du bâtiment du Selor qui empêche les riverains de dormir (vidéos)

En cours de démolition, l'ancien siège du Selor, boulevard Bischoffscheim, le long de la Petite Ceinture à hauteur de la place Madou, ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir. Mais pour les riverains, c'est d'abord un enfer. Cette démolition a lieu de nuit, depuis ce 31 juillet. Le chantier se poursuivra d'ailleurs jusqu'au 4 août, puis encore du 7 au 11, le weekend des 5 et 6 et enfin le 12 août.

Nous avons tous été surpris. Nous n'avons pas été prévenus

Pour ce riverain, contacté par la RTBF, ce n'est pas tenable. Il habite rue des Cultes, une perpendiculaire, là où se dresse aussi le bâtiment de huit niveaux. "Lundi soir, des ouvriers sont arrivés sur place et ont débuté la démolition. En fait, le chantier avait débuté en mai dernier mais a été interrompu en juin et juillet", raconte ce riverain, qui a emménagé rue des Cultes en mars dernier. "Lorsque la démolition a repris, nous avons donc tous été surpris. Nous n'avons pas été prévenus. La démolition a continué jusqu'à 5 du mat. A 6 h, les ouvriers ont plié définitivement bagages après avoir rangé leurs affaires. Cette nuit, il était donc impossible de dormir. Je vous laisse imaginer notre état."  

Une autorisation jusqu'au 12 août

Notre témoin a contacté à deux reprises les forces de l'ordre pour dénoncer ce qu'il considère comme du tapage nocturne. "Mais la police m'a répondu que l'entreprise de démolition, De Meuter, possédait une dérogation pour travailler la nuit." Dérogation signée le mois dernier par Karine Lalieux (PS), alors bourgmestre faisant fonction en remplacement du bourgmestre en titre Philippe Close (PS). "Du coup, la police, qui était désolée, n'a rien pu faire", regrette le riverain. "Je n'ose donc imaginer les nuits à venir. D'autant que ce qui paraît étonnant, c'est que la démolition ne reprenne pas en journée. Il n'y a personne sur le chantier: De Meuter pourrait continuer à travailler."

Eviter la fermeture du métro et de la Petite Ceinture

La raison, explique le cabinet de l'échevin de l'Urbanisme Geoffroy Coomans de Brachene (MR), repose sur la configuration du quartier: l'édifice occupe tout un îlot et longe un axe routier très important. "Ce chantier de démolition de nuit est la moins pire des solutions", explique le cabinet qui a soumis la demande de dérogation. "La moins pire, car si le chantier devait avoir lieu en journée, il aurait fallu fermer l'entrée de la station de métro Madou ainsi que la Petite Ceinture. Cela, c'est impossible! Egalement, s'il avait fallu concentrer la démolition uniquement les weekends, ce chantier aurait pris trois mois au lieu de deux semaines. Finalement, pour des raisons de sécurité et de durée, c'est la solution d'une démolition de nuit qui a été choisie, en concertation avec la Police, la Stib et la Commission régionale de coordination des chantiers."

Pour le reste, ajoute le cabinet, "nous nous doutions que ce chantier ne ferait pas plaisir aux riverains. Mais un permis accordé est un permis accordé. Il ne faut toutefois pas oublier que la dérogation a été octroyée à titre précaire. Celle-ci peut être retirée ou renégociée, si les conditions de la démolition ne sont pas respectées." Parmi ces conditions, il y a la limitation des nuisances sonores et le respect de la sécurité et de la salubrité publiques.

Pour les riverains, les explications ne sont pas convaincantes. "Nous sommes en été", reprend notre riverain. "Il aurait donc été tout à fait possible de réduire la Petite Ceinture à une ou deux bandes de circulation." Notre témoin appréhende désormais les prochaines nuits. "Je n'ai quasiment pas dormi. Et le pire reste à venir."

Avertissement et retrait de l'autorisation

Ce mardi après-midi, face aux très nombreuses doléances, la Ville a décidé de revoir sa position. Concernant le chantier de la nuit dernière, un avertissement sera adressé à De Meuter pour non-respect des conditions. "Par ailleurs", précise le cabinet de l'échevin de l'Urbanisme, "nous envisageons un retrait de la dérogation pour la démolition de nuit. Le chantier devrait donc être mené les weekends. Celui-ci prendra plus de temps mais face aux nombreuses plaintes, nous devions réagir."

Pour ce qui est de la nuit prochaine, rien ne change: la démolition aura bien lieu. Mais ce sera le dernier chantier nocturne.

 

 

 

Marie Nagy, conseillère communale indépendante a réagi sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, elle réclame la tranquillité pour les riverains. Catherine Lemaitre, co-cheffe de groupe Ecolo, a également formulé un tweet tout en ironie. 

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