Bruxelles: la construction passive suscite l'intérêt des délégations étrangères

Isoler ses murs, son toit ou installer du triple vitrage sont des pratiques destinées à améliorer la performance énergétique d’un bâtiment. Mais, Bruxelles est également une ville pionnière en matière de bâtiments passifs.

Depuis cette année, une ordonnance régionale rend obligatoire le standard passif pour toutes les constructions neuves et toutes les rénovations lourdes. En la matière, Bruxelles s'érige en pionnière. D'où l'intérêt régulier de délégations étrangères pour ce qui se réalise à Bruxelles. La semaine passée, des visiteurs anglais étaient également présents dans la capitale. Ils se sont rendus à Ixelles, rue Sans Souci, où l'architecte Vincent Szpirer a conçu les plans d'un ensemble de 28 logements sociaux entièrement passifs. Il explique que la délégation américaine a pu visiter ce chantier "parce que le bâtiment est en plein chantier, dans une phase où on peut observer toutes les techniques de constructions. La semaine dernière, nous faisions visiter le chantier à une délégation anglaise. C’est intéressant parce qu’on peut ainsi confronter les idées. On a l’impression que certaines techniques sont universelles et évidentes. On réalise que les Anglais et les Américains ne travaillent pas de la même manière. Ils ont une autre méthode qui est toute aussi valable. Ces échanges sont forcément très intéressants".

Bruxelles, "la Mecque du passif"

Bruxelles est devenue une espèce de modèle assez unique, elle fait partie du PassREg ; un projet européen qui regroupe quatorze régions européennes. Ces régions essaient de reproduire ce qui se fait à Bruxelles. Sébastien Moreno-Vacca est architecte et spécialiste de la question. Il est aussi l’ancien président de la Plate-forme Maison Passive. Il est assez fier de cette position que Bruxelles acquiert en matière d’architecture passive : "Ca fait le buzz. On est sollicité de partout (Shanghai, Moscou, Londres, New-York, Montréal). Ils veulent voir comment en quelques année on est passé du dernier de la classe à presque premier de la classe".

La ministre bruxelloise de l'Environnement Céline Frémault (cdH) estime que Bruxelles a pris le leadership dans le domaine de la performance énergétique des bâtiments.

Savoir-faire et volonté politique

Beaucoup de conditions favorables pour l’implémentation du standard passif sont réunies à Bruxelles. En quelques années, les superficies de constructions ou rénovations passives ont explosé : "Un bâtiment sur deux coûte moins cher en passif qu’un bâtiment normal" ajoute Sébastien Moreno-Vacca.

En réalité, "les conditions sont assez favorables parce que la main d’oeuvre et les architectes, de manière globale, sont d’assez bon niveau, donc il y avait peu à faire pour arriver au passif".

Mais, avons-nous des garanties quant à la qualité des bâtiments ? Sébastien Moreno-Vacca est confiant : "un bâtiment passif est plus isolé qu’un bâtiment classique. Mais, les matériaux existent depuis 50 ou 70 ans. Ce sont les techniques qui sont innovantes".

Plus que construire du neuf, le passif vise davantage la rénovation. Pour " le passif de seconde génération, le combat reste toujours la rénovation. C’est ce que les étrangers viennent voir. On construit relativement peu ", conclut l’architecte.

Il est prévu que la délégation américano-canadienne visite également le nouveau siège de Bruxelles-Environnement sur le site de Tour et Taxis.

Philippe Carlot, Hélène Maquet et Pascale Bollekens

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