Saint-Gilles: l'Institut Pierre Paulus va fermer, ses élèves et professeurs seront "transférés"

L'institut Pierre Paulus, à saint-Gilles, sera remplacé par une école d'enseignement général
L'institut Pierre Paulus, à saint-Gilles, sera remplacé par une école d'enseignement général - © RTBF

L'institut d'enseignement technique et professionnel Pierre Paulus n'existera plus dans deux ans. A la rentrée 2017, c'est une autre école, des secondaires générales, qui ouvrira ses portes dans les bâtiments de la rue de la Croix de Pierre. Voilà le choix de la commune de Saint-Gilles, en Région bruxelloise, annoncé mardi soir aux enseignants.

"Une fréquentation en déclin"

"La fréquentation de l'école technique était en déclin depuis des années" explique l'échevin socialiste Alain Hutchinson. "Nous avons essayé de relancer l'établissement en fermant certaines sections et en ouvrant d'autres, mais les résultats ne suivaient pas. Or parallèlement, on a une demande de plus en plus forte de places en secondaires générales, liée au boom démographique de la commune. Et on ne peut pas bien y répondre. On veut corriger ça en créant une école secondaire générale."

Mais cette nouvelle école en projet empêche-t-elle le maintien d'une filière technique et professionnelle? "Oui. On manque de place à Saint-Gilles, on doit faire un choix" commente l'échevin.

Elèves et enseignants seront "transférés"

L'école sera fermée progressivement pour permettre aux élèves d'y achever leur cycle. En 2017, les sections encore ouvertes et les élèves encore inscrits seront transférés dans deux autres établissements, situés dans la commune d'Anderlecht.

Quant aux professeurs, ils ne seront plus dépendants de la commune mais bien de la COCOF (Commission Communautaire Française) et retrouveront des places dans d'autres écoles. L'échevin Alain Hutchinson assure, sans autre détail, que "la plupart" retrouveront un poste. "Il faudra que la Cocof précise les choses" dit-il sans autre précision.

Les professeurs en colère

Les professeurs ont accueilli l'annonce avec inquiétude, amertume et colère lors d'une réunion houleuse, mardi soir.

"C'était une réunion très éprouvante moralement" commente Nadia Lanjri, enseignante et déléguée CGSP. "Tout le corps enseignant a l'impression d'être trahi, puisque des efforts ont été fournis depuis deux ans. L'échevin a fermé des sections qui préparaient pourtant à des métiers en pénurie, comme la soudure. Et puis il nous a fait croire qu'il en ouvrait d'autres qui se développeraient: on s'y est investi, mais il n'a pas laissé à ces sections le temps de se développer" estime l'enseignante.

Nadia Lanjri déplore cette suppression d'opportunités pour les élèves qui ne trouvent pas leur place dans l'enseignement général. "Nous, on a toujours pensé qu'il y avait la place à Saint-Gilles pour le général ET le secondaire professionnel et technique" estime-t-elle.

Les délégués syndicaux demandent des précisions quant au sort des enseignants et envisagent de mener des actions de mécontentement.

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