Bruxelles: l'hôtel Husa President, où réside Carles Puigdemont, en réorganisation judiciaire

L'hôtel Husa est situé au bout du boulevard Albert II.
2 images
L'hôtel Husa est situé au bout du boulevard Albert II. - © GOOGLE

L'hôtel Husa President Park, quatre étoiles situé au bout du boulevard Albert II à Bruxelles, est en très mauvaise santé financière. Début de cette année, le tribunal de commerce a accordé la réorganisation judiciaire à cet établissement qui compte tout de même près de 300 chambres. Ce n'est pas encore la faillite: la réorganisation judiciaire permet la désignation de médiateurs (avocat, juge, réviseur d'entreprises) afin que ceux-ci puissent trouver des terrains d'entente avec les créanciers. Car il faut dire les dettes de l'hôtel Husa sont très importantes: près de 8,5 millions d'euros en cumulé selon les derniers comptes annuels. Le principal créancier est le propriétaire des murs qui réclame plusieurs mois de loyers impayés. Mais il y a aussi l'ONSS qui perçoit les cotisations patronales et du personnel ou encore la Région bruxelloise à qui l'hôtel doit plusieurs dizaines de milliers d'euros en City Tax (taxe sur les hôtels).

Quartier Général du président déchu de Catalogne

La SA Husa International ne brille pas par l'état de ses finances. Mais l'hôtel brille par son accueil d'un illustre client: Carles Puigdemont, le président déchu de la Région de Catalogne, en exil dans la capitale belge depuis fin octobre. Selon nos informations, confirmées à bonnes sources, il réside à l'hôtel Husa depuis novembre. Il en a fait son quartier général. Preuve notamment par l'organisation sur place d'une conférence de presse le 6 décembre dernier devant les médias internationaux. Le lieu constitue également un choix symbolique: Husa est une chaîne d'hôtels propriété des Gaspart, famille d'entrepreneurs catalans. Carles Puigdemont loge-t-il dès lors au President gracieusement, comme le dit la rumeur au sein du personnel? Impossible d'en avoir la confirmation.

Reste que ce séjour ne fait plus plaisir dans les couloirs. "Ce n'est pas l'accueil de M. Puigdemont qui a plombé les finances de l'hôtel, c'est certain", note une source interne. "Reste que l'hôtel est aujourd'hui en réorganisation judiciaire et que des sacrifices sont demandés au personnel. Pendant ce temps, nous avons un hôte qui occupe la suite présidentielle, organise ses réunions et son réveillon du nouvel an sans, visiblement, débourser le moindre euro. C'est un client très simple mais sa présence implique pour nous beaucoup de contraintes."

Mesures d'économie

Si la situation financière est très délicate, la direction a déjà avalisé plusieurs pistes pour réduire les coûts: mise en chômage technique, ouverture de quatre cinquièmes temps, fermeture de la cuisine à l'heure du midi, accroissement de la charge de travail pour les 85 équivalents temps-plein... A titre d'exemple, les femmes de chambre devront désormais nettoyer plus de chambres au quotidien. 

La directeur, Miquel Netto, que la RTBF a contacté, n'a pas souhaité confirmer les contours de la réorganisation judiciaire. Elle ne veut pas non plus commenter le séjour de son client catalan. Ce qui est certain, c'est que la direction souhaite tout faire pour maintenir l'emploi dans un environnement concurrentiel post-attentats.

Un délai jusqu'au 21 mars

Pour Emelyne Doyen, permanente syndicale CSC (secteur Alimentation et Services), qui a assisté à un conseil d'entreprise mardi, "la réorganisation judiciaire met en place un délai jusqu'au 21 mars - délai qui peut être prolongé - afin de trouver des accords avec les créanciers et notamment le propriétaire. A ce stade, des négociations sont en cours et nous suivons le dossier de très près. Une chose est sûre: les salaires du personnel ont été payés en temps et en heure. La direction nous assure qu'elle veut maintenir l'activité."

Rappelons que le Husa President Park est l'ancien Hôtel WTC President. Ouvert en 1985, sous l'impulsion d'investisseurs bruxellois, il a longtemps souffert d'un manque de rentabilité vu son éloignement du centre-ville et sa grande taille.  En 1988, l'exploitation est cédé à un groupe hispano-suisse. En 1993, c'est Husa qui reprend l'hôtel. En 2008, place aux travaux de rénovation. Il faut noter que le groupe Husa est en grandes difficultés financières en Espagne.

Si l'hôtel bruxellois est la résidence de travail de Carles Puigdemont, il devrait se domicilier officiellement à Sint-Pauwels, près d'Anvers, dans une villa appartenant à l'oncle de Bart De Wever. C'est ce qu'ont affirmé récemment plusieurs médias néerlandophones ainsi que la chaîne espagnole Tele Cinco. Le leader catalan régulariserait ainsi sa situation belge. Il pourra ainsi diriger la Région catalane depuis l'étranger, en l'occurrence entre Bruxelles et Sint-Pauwels et via Skype. Ce que ne digère pas le gouvernement espagnol. Madrid qui veut également empêcher tout retour secret en Espagne de Carles Puigdemont. Mercredi, celui-ci a indiqué vouloir rentrer en Espagne afin de défendre sa candidature à la présidence de la Catalogne.

Carles Puigdemont s’est rendu cette semaine au Danemark dans le cadre d'une conférence. Il reste sous la menace d'un mandat d'arrêt international.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK