Bruxelles: l'Arau estime le plan de mobilité trop frileux

Pour l'Arau, le plan Good Move ne remet pas fondamentalement en cause la place de la voiture en ville
Pour l'Arau, le plan Good Move ne remet pas fondamentalement en cause la place de la voiture en ville - © ERIC LALMAND - BELGA

Le Plan Régional de Mobilité de la Région-capitale "Good Move" ne remet pas fondamentalement en cause la place de la voiture en ville. Celle-ci doit devenir l'exception dans un contexte d'urgence environnementale, ce qui nécessite notamment la suppression de toutes les infrastructures autoroutières et l'instauration d'un système de péage, estime l'Atelier de Recherche et d'Action Urbaines (Arau).

L'association qui milite depuis les années 60 en faveur d'une participation des habitants de la capitale au devenir de leur ville, essentiellement en matière d'urbanisme, a rendu public l'avis qu'elle a transmis à la Région dans le cadre de l'enquête publique ouverte à propos du plan "Good Move".

"Toute politique de mobilité doit concourir à garantir l'habitabilité partout. Cela implique notamment d'assurer un environnement sain et la liberté de se déplacer en sécurité et donc de se libérer de la voiture et de ses nuisances. Le projet de Plan Régional de Mobilité s'en approche par certains aspects mais il s'en éloigne par d'autres, en restant marqué par l'héritage de la gestion fonctionnaliste des flux: à chaque mode ses réseaux privilégiés, y compris pour la voiture, prioritaire sur les 'grands axes'", juge notamment l'Arau.

Pour l'Association, le Plan Régional de Mobilité doit sortir d'une logique de spécialisation de voiries pour permettre au piéton et au cycliste de se déplacer librement, partout, et non en empruntant un itinéraire qui leur serait spécifiquement consacré.

"Le plan Good Move devrait orienter les investissements publics dans des politiques qui s'engagent à, s'émanciper de la voiture en ville", souligne-t-elle.

Dans ce contexte, il importe, aux yeux de l'Arau, de faire en sorte que les transports en commun remplissent leur mission de service public universel en privilégiant les transports de surface, réduisant les correspondances, augmentant les fréquences, en les immunisant du trafic automobile, et en affinant le maillage du réseau.

Dans ce contexte, l'emprise de la voiture doit diminuer drastiquement. Il faut donc en finir avec les infrastructures autoroutières de type viaducs et tunnels, réduire le nombre de places de parkings de bureaux, abandonner les projets de parkings et instaurer un système de péage. Pour l'Arau, celui-ci est à même d'enclencher un cercle vertueux "moins de voitures, plus de marchabilité, de cyclabilité, de meilleures performances des transports en commun, donc moins de besoin de la voiture".

 

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