Annulation des travaux de l'avenue du Port: entre amertume et satisfaction

Pour l'instant, les pavés et les platanes resteront bel et bien à l'avenue du Port
Pour l'instant, les pavés et les platanes resteront bel et bien à l'avenue du Port - © Belga

La décision en enchante certains et déplaît à d'autres. Mercredi, le juge des référés de Bruxelles a en effet tranché: les travaux de l’avenue du Port sont annulés.

Le juge des référés estime notamment que le permis actuel est illégal. Plusieurs éléments dans la procédure de délivrance du permis posaient problème. Parmi ceux-ci, l'absence de permis pour un caniveau technique sous l'avenue, mais aussi l'absence de rapport d'incidence.

C'est une victoire pour les défenseurs des platanes et des pavés de l'avenue du Port, à Bruxelles. Depuis des années, les habitants du coin s'opposaient au projet. Patrick Wauters, porte-parole d'un comité de riverains soucieux du patrimoine bruxellois, se réjouit: "C’est un grand ouf de soulagement, surtout quand on observe les raisons pour lesquelles le juge nous a donné raison, notamment l’absence de motivation de la partie adverse. Ca veut dire que les gens qui veulent bétonner Bruxelles n’ont même pas entendu nos arguments. Ils n’ont pas motivé leur demande de permis d’urbanisme en tenant compte de nos observations."

Plusieurs associations sont également ravies de la décision du juge. Toutefois, elles restent vigilentes, car un nouveau projet devrait suivre. "Ce n’est pas seulement une histoire de pavés et de platanes, explique Mathieu Sonck, président d'Inter-Environnement Bruxelles. C’est aussi tout l’avenir du quartier qui est en jeu et, paradoxalement, l’avenir de cette zone industrielle que nous voudrions voir préservée, parce que c’est aussi une zone pourvoyeuse d’emplois."

Les réactions politiques

Au cabinet de la ministre régionale des Travaux publics, Brigitte Grouwels, on se contente de répondre: "Nous étudions l'arrêt et examinons la possibilité d'introduire un recours."

De plus, la décision du juge des référés est un jugement uniquement sur le fond, pas sur la forme. La Région bruxelloise pourrait donc décider de contrer celui-ci. Néanmoins, il semble très peu probable qu’elle ait le temps de le faire, le permis devenant caduc ce samedi 8 octobre.

Pour effectuer les travaux, il faudra vraisemblablement un nouveau permis, avec ou sans platanes et pavés, et donc recommencer toute la procédure.

Sans surprise, les ministres bruxellois Ecolo Evelyne Huytebroeck et Christos Doulkeridis, comme leur collègue de Groen, Bruno De Lille, ont déclaré qu'il était temps "de rebondir et d'envisager rapidement un nouveau projet". Les Verts ne cachaient pas leur embarras face au projet de la ministre des Travaux publics.

Côté CDH, le ministre Benoît Cerexhe prône une meilleure concertation avec les riverains, mais dans une juste mesure. « Ce qu’il faut éviter, c’est qu’il y ait une paralysie d’un certain nombre de projets urbanistiques. En l’espèce, je ne pense pas que ce type de dossier soit susceptible de faire tache d’huile », assure-t-il.

Enfin, chez les socialistes, le ministre-président, Charles Picqué, et le secrétaire d'Etat Emir Kir, ne réagiront pas avant ce jeudi.

Dans les rangs de l'opposition, le député FDF Didier Gosuin déplore "la mauvaise gestion d'un dossier qui coûtera des millions d'euros aux Bruxellois." Pour rappel, Brigitte Grouwels avait estimé les frais liés à l'abandon de son projet à plus de cinq millions d'euros.

Jean-Claude Hennuy - Myriam Baele - Delphine Wilputte

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