Bruxelles: deux déchetteries pour un million d'habitants

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Les deux déchetteries régionales sont victimes de leur succès. De plus en plus de Bruxellois viennent y déposer leurs encombrants. Conséquence : on fait la file devant les grilles, sans garantie de succès. Une situation qui pose la question du nombre d'infrastructures pour se débarrasser des déchets.

Les vacances, c'est la période idéale pour vider sa cave ou son grenier. Le problème, c'est que tout le monde semble avoir cette même idée au même moment. Résultat : on se bouscule devant les deux déchetteries régionales. Surtout devant le parc à conteneurs de la rue du Rupel, près du pont Van Praet. Près de 50 000 véhicules passent par là chaque année, et l'été, les agents de Bruxelles-Propreté comptent parfois plus de 400 véhicules par jour. Pour certains Bruxellois, cela demande une certaine persévérance. "Mon mari est déjà venu samedi, le matin et l'après-midi, explique une utilisatrice. Il a été refoulé la première fois. La deuxième fois il a attendu, et trois voitures avant, ça s'est coupé."

Le sésame : une quantité maximale de déchets, triés

Pour éviter les attentes inutiles, un garde passe dans la file de véhicules pour examiner si le chargement est bien trié ou s'il ne dépasse pas les deux mètres cubes d'encombrants autorisés. Faute de quoi, les personnes doivent faire demi-tour, et revenir. Seulement tout le monde ne le prend pas avec philosophie, surtout quand l'heure de fermeture approche. "15h45, la grille se ferme, et ceux qui sont à l'extérieur sont refusés, relate Sébastien Crabe, agent responsable du site. Mais parfois c'est jusqu'au bout de la rue. Et les gens réagissent très mal, ils veulent jeter dans la rue, ils s'en foutent de tout. Il y a des insultes, des bagarres." Et c'est vrai que les abords de la déchetterie sont sales, on y trouve des matelas ou des meubles.

Grande demande des Bruxellois, peu de solution

Force est de reconnaître que deux déchetteries régionales pour plus d'un million d'habitants, c'est peu. Cela dit, face à l'explosion de la demande des citoyens, une dizaine de communes bruxelloises ont mis en place leur propre parc à conteneurs. Une entreprise coûteuse que toutes les communes n'ont pas les moyens de s'offrir. Certaines comme Jette on tenté l'expérience mais n'ont pas poursuivi. "C'est une question de choix politique, déclare Claire Vandevivere, échevine jettoise de la Propreté (cdH). Personnellement, comme je trouve que ce service est bien fait au niveau de l'agence de Bruxelles-Propreté, je préfère mettre des moyens à la commune pour le balayage de nos rues au quotidien."

Alors pourquoi pas une troisième déchetterie?  Pour Etienne Cornesse, le porte-parole de Bruxelles-Propreté, c'est une bonne idée, mais difficile à mettre en place : "La difficulté, évidemment, c'est de trouver un terrain qui puisse accueillir une déchetterie régionale dans une densité de population aussi importante qu'en Région bruxelloise, explique le porte-parole. Les gens voudraient bien avoir une déchetterie à proximité de chez eux, mais évidemment pas à côté de chez eux."

En attendant une hypothétique troisième déchetterie, les Bruxellois peuvent aussi faire appel à Bruxelles-Propreté pour faire enlever trois mètres cubes de déchets à domicile tous les six mois. Mais là aussi il faut savoir attendre, le délai d'attente est d'environ un mois.

 

O. Hanrion - N. Nahjari

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