Bruxelles: des SDF ont élu domicile en Forêt de Soignes

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Des sans-abris en rue, c'est une triste réalité dans les grandes villes. Pourtant, certains d'entre eux fuient la rue pour les endroits boisés, souvent pour des raisons de sécurité. Ainsi, près du Rouge Cloître, des sans domicile fixe de moins de trente ans dorment sous tente, en toute saison.

De la chaussée, on ne voit rien. Mais en s'avançant d'une cinquantaine de mètres dans le bois, on rencontre Bruno, installé sous une simple tente igloo, non loin du Rouge-Cloître à Auderghem. Depuis quinze jours, il est sans domicile. "Plutôt que d'aller dans un squat en ville, où on ne sait pas sur qui on va tomber, où il y a des personnes hostiles, droguées ou quoi que ce soit, j'ai préféré venir ici dans un bois, explique Bruno. J'ai ma propre chambre, j'allais dire. Je préfère la solitude que d'être mal accompagné."

Mais Bruno ne s'imagine pas rester ici, il recherche un logement. Lui qui a toujours habité en ville voudrait sortir du bois. "La nature et le bitume, c'est tout à fait différent, précise-t-il. Il faut un certain temps d'adaptation à la nature, moi-même je ne l'ai pas encore acquis."

Ce qu'a su faire Michaël. Ce jeune Roumain est installé ici depuis deux ans, et se voit bien rester. "C'est plus tranquille qu'en ville, il n'y a pas de danger, ici, déclare Michaël. Il n'y a pas plus de difficulté, si tu sais t'organiser: pas prendre la flotte quand il pleut et tout ça."

Retour sur la chaussée. Dans le quartier, il y a peu de plaintes, mais la situation interpelle les riverains : "On est ici dans un quartier résidentiel et on voit des jeunes qui sont installés dans des tentes, à tous les temps, relate l'un d'entre eux. Et qui ont l'air d'y rester et de vouloir s'y installer."

Ce camping de survie est visiblement connu des autorités, qui le tolèrent. Par ailleurs, la parcelle de la Forêt de Soignes concernée appartient à un propriétaire privé. Un propriétaire qui tolère lui aussi la présence de ces sans domicile fixe.

 

X. Guillite, J. Durant et N. Nahjari

Ecoutez le témoignage de Michaël, qui y vit depuis deux ans:

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