Bruxelles: des citoyens se mobilisent pour sauver les moineaux domestiques

Bruxelles: des citoyens se mobilisent pour sauver les moineaux domestiques
Bruxelles: des citoyens se mobilisent pour sauver les moineaux domestiques - © Père Igor

Il ne reste que 5% de la population de moineaux domestiques répertoriés par Natagora à Bruxelles il y a 25 ans. La chute a surtout eu lieu de 1990 à 2005 et depuis lors, le peu de moineaux qu'il reste subsiste tant bien que mal. Aujourd'hui, ils peuvent compter sur un collectif citoyen à Saint-Gilles qui fournit le gîte et le couvert à ces petits oiseaux bruns.

Sur la terrasse de Pascale Herman à Saint-Gilles, on aperçoit un jardin totalement laissé en friche d'un de ses voisins. Dans les arbustes de petits piaillements se font entendre. Dans un bruissement d'aile, un moineau domestique s'envole jusqu'aux mangeoires mises en place par la Bruxelloise. "Quand je suis arrivée à Bruxelles il y a 10 ans, j'ai été étonnée de voir qu'il n'y avait pas de moineaux. Puis, un jour, un couple est venu en repérage sur ma terrasse où il y avait des graines. J'en ai mis d'autres et depuis, une colonie s'est installée." Les graines de Pascale, les insectes du jardin sauvage à côté et des cavités d'un bâtiment dont la façades n'a pas été rénovée: voilà tout ce qu'il fallait à cet oiseau pour se reproduire. Ces éléments ne sont malheureusement pas assez souvent réunis à Bruxelles.

"Depuis 1992, les points d'écoute à Bruxelles montrent qu'il y a une baisse de 95% des oiseaux domestiques, explique Alain Paquet, ornithologue chez Natagora, l'association de protection de la nature. Donc, il reste 5% des moineaux d'il y a 25 ans." Le spécialiste énumère 5 causes à ce phénomène:

  1. La rénovation des anciens bâtiments: "On colmate les fissures et anfractuosités, on répare les corniches où il y a un petit trou béant. Or, les moineaux ont besoin d'une cavité pour nicher."
  2. De nouveaux bâtiments lisses: "Quand on construit de nouveaux bâtiments, on ne pense pas du tout à accueillir le vivant comme le rougequeue noire, les martinets et les moineaux. En Angleterre, en Hollande ou en Allemagne, ils construisent des bâtiments modernes avec des briques qui ont des trous. Ça va venir en Belgique."
  3. Le nourrissage: "Les poulaillers ou les personnes qui mettaient des graines au sol pour les pigeons posaient peut-être problème pour la surpopulation de pigeons et de rats mais nourrissaient aussi les moineaux toute l'année. Le moineau est dépendant de l'homme pour ses graines."
  4. De moins en moins d'insectes: "Bien que les moineaux soient granivores, ils nourrissent leurs petits avec des insectes. Les parterres fleuris, les buissons, les mares sont parfait pour cela."
  5. Le manque de buissons denses: "Les moineaux s'y réfugient, parlent et y renforcent les liens du groupe de 5 ou 10 couples. Ce sont des moments de quiétude pour leur vie sociale. Mais on élimine les massifs de buissons avec l'urbanisation des friches ou pour des raisons de sécurité."

La pollution de l'air est aussi une hypothèse, ajoute le spécialiste.

C'est ce qui a poussé un groupe de citoyens réuni autour de la place Morichar à Saint-Gilles à se mobiliser. "Aujourd'hui nous comptons un noyau dur d'environ sept personnes qui se mobilisent pour aller installer les nichoirs chez les Saint-Gillois qui ont repéré une colonie", explique Erik Etienne qui en est membre. L'association a reçu un subside de la commune et une personne a même commencé à travaillé à mi-temps sur la question à la Maison Eco. Résultat: ils peuvent distribuer une trentaine de kits comprenant une mangeoire, des graines et même des nichoirs chez les habitants de la commune qui repèrent des moineaux. C'est le cas de Pascale qui est aujourd'hui ravie de voir les moineaux repeupler son jardin.

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