Bruxelles: de nouveaux jobs en éco-construction

Toits de Bruxelles
Toits de Bruxelles - © Toits de Bruxelles

Dans le cadre du salon Batibouw, un partenariat a été signé entre les autorités bruxelloises, acteurs de la construction et syndicats. Il s'agit du volet "éco-construction" de l'Alliance Emploi-Environnement.

Il n’est pas toujours facile pour les ménages bruxellois de trouver rapidement un bon professionnel pour isoler ses murs, placer une chaudière à condensation peu énergivore, ou installer des panneaux solaires. Le secteur nécessite une formation spécifique. Olivier Grauls, vendeur de la société bruxelloise 'Renove-electric', s'est progressivement tourné vers l'installation de panneaux solaires: "Une partie de nos ouvriers de l’époque est allé apprendre le métier de photovoltaïcien chez un de nos fournisseurs de panneaux, pour apprendre les techniques de montage. Nous avons engagé des toituriers, et bien sûr nous avions des électriciens sous la main, ce qui a facilité les choses. Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que pour placer une installation photovoltaïque et être agréé, il faut une agréation en électromécanique."

Pour satisfaire le client, l'éco-construction doit aussi utiliser du matériel et des procédés conformes aux normes légales. D'où l'existence de labels. Gino Gailliaert, directeur de 'Sto', entreprise de la périphérie spécialisée en isolation: "En Belgique, tout le monde a une responsabilité décennale. Alors on ne veut mettre sur le marché que les systèmes qui ont effectivement fait leurs preuves, et qui ont au moins une durée de vie de dix ans."

Le recours illégal au travail au noir n'offre ni garantie, ni possibilité de recours en cas d'arnaque. Le savoir-faire des ouvriers et la qualité des matériaux sont donc de grandes importances pour le consommateur. Et une demande existe.

La mobilisation des autorités bruxelloises pour l’éco-construction

Premier constat : Bruxelles connaît un gros souci de chômage. Deuxième constat: dans la capitale comme ailleurs, il y a aussi une nécessité d'économiser de l'énergie. Alors pourquoi ne pas attaquer ces deux problèmes de front? Le gouvernement bruxellois s'est fixé, comme fil rouge tout au long de sa législature, d'exploiter le créneau de l'éco-construction, qui représente un marché émergent et des emplois possibles. Il a donc signé avec les acteurs du secteur cette Alliance "Emploi-Environnement".

Le gouvernement vise 3500 emplois, des emplois qui seraient accessibles à des jeunes peu qualifiés, nombreux dans les rangs du chômage. Il faudra certes voir dans trois ans si les résultats sont au rendez-vous mais, pour le moment, il y a un effort : six millions d'euros ont été débloqués pour mettre sur les rails ces nouveaux emplois et formations vertes, avec 44 projets.

Par exemple, la mise à disposition de matériel professionnel pour les écoles techniques. De sorte que les élèves puissent s'entrainer, et sortent mieux formés aux nouvelles techniques de construction. Autre exemple: de nouvelles formations - formations en construction et rénovation durables- pour des demandeurs d'emploi, des chefs d'entreprise, ou des indépendants. Et il y aura aussi un manuel distribué sur demande à ceux qui travaillent déjà dans le secteur. Car les techniques évoluent vite dans ce domaine, les normes d'isolation et les primes aussi. Ce livre sera donc un condensé des nouveautés.

Il faut espérer que cela marche et que ces formations soient à la fois bien pensées et fréquentées. Parce qu'aujourd'hui les sociétés qui font de l'éco-construction ont du mal à trouver des ouvriers bien qualifiés alors que, paradoxalement, il y a une foule de demandeurs d'emploi. Il faut enfin espérer que cela marche d'un point de vue environnemental aussi.


J.-Cl. Hennuy - N. Nahjari

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK