Bruxelles cherche des alternatives écologiques aux chaufferettes des terrasses de cafés

Dans le centre de Bruxelles, plusieurs terrasses de cafés et de restaurants proposent des chaufferettes. Celles-ci réchauffent l’atmosphère quand il fait plus froid, au moyen de braseros ou de radiateurs. Mais voilà, fonctionnant au gaz ou à l’électricité, elles sont jugées peu écologiques. La Ville de Bruxelles entend donc trouver leurs alternatives plus vertes et moins polluantes.

L’échevinat du Climat vient donc de commander une étude à La Cambre afin de proposer de nouvelles solutions au secteur de l’Horeca. Pas question pour Bruxelles, d’interdire purement et simplement les chaufferettes, comme Woluwe-Saint-Lambert et la Ville de Namur l’ont fait récemment. Dans la capitale, les terrasses pourront être chauffées, mais autrement.

Il n’est pas prévu d’interdire les chaufferettes en pleine crise économique

"Soyons clairs", tonne l’échevin du Climat Benoît Hellings (Ecolo), "il n’est pas prévu d’interdire les chaufferettes en pleine crise économique et sanitaire. Mais par contre, nous travaillons sérieusement à des alternatives qui permettent de maximiser l’usage des terrasses en hiver, en toute sécurité et de manière écologique."

Lorsque l’étude sera finalisée et que "nous aurons cette liste d’alternatives et ses diverses modalités, l’échevin du Commerce Fabian Maingain et moi allons les proposer à quelques établissements horeca partenaires, à titre de projet pilote."

Objectif : tester en condition les nouveaux dispositifs avec les professionnels du secteur et recueillir les réactions de leurs clients. "Nous verrons ce qui fonctionne, ce qui est Covid-compatible" et donc ce qui ne ralentit pas l’activité économique tout en maintenant la sécurité sanitaire. "Nous verrons aussi ce qui est le plus pratique et le plus écologique."

Des émissions de CO2 importantes

Aujourd’hui, difficile de chiffrer le nombre de chaufferettes installées sur les terrasses de la Ville de Bruxelles, même si celles-ci restent a priori concentrées dans le centre touristique, fort fréquenté en hiver lors des Plaisirs d’hiver. Les chaufferettes présentes sur la terrasse de l’Hôtel Métropole place De Brouckère étaient parmi les plus connues, avant la fermeture de l’établissement.

Pointées du doigt, les chaufferettes constituent-elles véritablement un désastre écologique ? Chauffer une terrasse de café en hiver, est-ce un non-sens ? Ces dispositifs n’ont pas bonne presse alors que de son côté, l’Horeca justifie leur utilisation en raison notamment de l’interdiction de fumer à l’intérieur.

Mais selon une étude, réalisée par un scientifique français, Thierry Salomon, de l’Association française NegaWatt, chauffer une terrasse de 15 mètres sur 5 à l’aide d’appareils au gaz pendant cinq mois en hiver rejetterait autant de CO2 (dioxyde de carbone) qu’une berline qui roulerait 122.000 kilomètres.

Avec des chaufferettes fonctionnant à l’électricité, la consommation équivaut à celle de neuf familles (hors chauffage et eau chaude). L’étude ajoute : "En supposant que la moitié des 22.000 terrasses de Paris soit pareillement chauffée, leur consommation électrique hivernale totale est égale à celle de tous les habitants de deux arrondissements de la capitale pendant un an…"

Interdiction totale en France

Conclusion, selon Thierry Salomon, "réchauffer l’air d’une terrasse en hiver est tout aussi aberrant que de climatiser comme au Qatar un stade à ciel ouvert", comme cela a été suggéré dans le cadre de la prochaine Coupe du Monde de football en 2022.

En France, le gouvernement a décidé d’interdire les chaufferettes sur l’ensemble du territoire national à partir de l’hiver 2021. Une initiative de la ministre de l’Écologie, Barbara Pompili. "On ne peut pas climatiser la rue en plein été lorsqu’il fait 30 degrés et on ne peut pas non plus chauffer à plein régime des terrasses en plein hiver pour le simple plaisir de boire son café en terrasse en ayant chaud", avait-elle expliqué cet été, à l’annonce de cette mesure.

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