Bruxelles: au Meyboom, s'hydrater à la pintje sans finir scheile zat

Sur le parcours du 707ème Meyboom, dimanche 9 août.
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Sur le parcours du 707ème Meyboom, dimanche 9 août. - © j-Cl Hennuy

C'est un rendez-vous incontournable du folklore bruxellois... La 707ème édition du Meyboom se déroule ce dimanche, à Bruxelles. Les porteurs d'arbre et autres confréries doivent absolument planter "l'arbre de joie" avant 17 heures, au coin de la rue des Sables et de la Rue du Marais. C'est ce qu'exige la tradition.

Et cette année encore la tradition a été respectée. Pour la 707e fois donc, le Meyboom a été planté dimanche en temps et en heure. Plusieurs centaines de personnes ont assisté à la plantation de l'arbre choisi précédemment dans le Bois de la Cambre et qui pesait environ 800 kilos. La cérémonie du Meyboom de Bruxelles a été reconnue comme patrimoine oral et immatériel de l'humanité par l'Unesco.

"Cette année, l'arbre était particulièrement lourd. Il pesait environ 800 kilos quand on l'a coupé et près de 400 kilos après son élagage. Nous sommes heureux que de plus en plus de Bruxellois assistent à la tradition du Meyboom. Afin de perpétuer cette dernière, nous recrutons actuellement de jeunes porteurs d'arbre qui effectuent un stage d'un an", a indiqué Jean Vanderhaegen, président de l'association des Compagnons de Saint-Laurent, qui organise la plantation.

Parmi les anciens, il y a Antoine, une institution. Depuis combien de temps y participe-t-il? Difficile à savoir: "Ouille ouille, kamerade, si je dois te le dire, il y a de la fumée qui va sortir par tes oreilles...", lance-t-il, rigolard. Avec le temps, admet-il tout de même, la passion s'étiole un brin. "On devient un peu plus vieux aussi, coco."

Depuis dimanche matin, avec lui, les joyeux "Bûûmdroegers" sillonnent déjà plusieurs quartiers de la capitale. A 13 heures, ils s'apprêtaient à rendre hommage aux Compagnons disparus. Mais la matinée a surtout été marquée par une tournée des cafés, dans une ambiance bonne enfant.

Scheile zat

C'est en effet en chanson et la bière à la main que les principaux participants au Meyboom marquent une des nombreuses haltes de leur périple matinal. C'est aussi une épreuve physique. Il faut avoir l'épaule solide et le gosier rugueux. André Vandenheuvel est Bûûmdroeger, porteur d'arbre, mais aussi compagnon de St-Laurent: "Traditionnellement, quand on a coupé l'arbre, on va le présenter à la maison communale de Schaerbeek, et dans des caberdoejkes, des petits cafés, on boit notre petite pintje du matin. Faut pas croire qu'à midi on est scheile zat. On est encore bien, on supporte encore!

"Il faut hydrater"

Parmi les indéracinables du Meyboom, l'ancien Bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans. Pas scheile zat non plus. "Qui dit festivité dit évidemment un certain degré d'alcool. Il faut de temps en temps faire attention, parce qu'il faut quand même porter l'arbre, qui n'est pas du tout léger cette année", dit-il. 
Son successeur Yvan Mayeur, bourgmestre actuel insiste lui aussi sur les risques de déshydratation, et sur son remède tout bruxellois: la pintje. "Il faut savoir tenir le coup. Il ne suffit pas de porter l'arbre, il faut hydrater, toute la journée", rigole-t-il. 

Tradition séculaire

D'après la légende, la plantation du Meyboom prend ses racines en 1213 lorsque les Kiekefretters bruxellois et les Peetermannen louvanistes se sont affrontés concernant une taxe sur la bière. Les Bruxellois ont pris le dessus grâce à l'intervention des guildes de Laurent. En remerciement, le duc Jean III du Brabant a accordé aux compagnons de Saint-Laurent le privilège de planter le 9 août de chaque année un Meyboom à Bruxelles. Ce privilège disparaît si l'arbre de joie n'est pas planté avant 17h00.

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