Bruxelles: après le rachat du marais du Wiels, quid de la friche Josaphat?

Bruxelles: Après le sauvetage du Marais du Wiels, celui de la Friche Josaphat?
Bruxelles: Après le sauvetage du Marais du Wiels, celui de la Friche Josaphat? - © Tous droits réservés

Il ne veut pas parler d'espoir, "parce qu'on ne se fait pas d'illusion sur le fonctionnement de l'exécutif bruxellois", fronde Mathieu Simonson du collectif "Sauvons la Friche Josaphat". Mais le récent rachat du marais du Wiels par la région bruxelloise représente pour lui une nouvelle fenêtre de tir: "sacrifier la friche Josaphat, ça voudra dire vraiment se détacher de l'un des espaces les plus intéressants en terme de biodiversité dans cette ville".

Avec le marais du Wiels, un frémissement 

A coups de pétitions, de visites, de contacts politiques, le collectif cherche à préserver une partie de ce terrain en forme de poire, situé à cheval sur les communes de Schaerbeek et Evere. Pour la richesse de sa biodiversité, avance le collectif mais aussi parce que la friche est devenue un gîte d'étapes et un couloir pour les oiseaux migrateurs. Or, la friche figure parmi les 13 PAD, les Plans d'Aménagement Directeurs de la région, ces quartiers à développer. Un projet de 1380 logements avec des équipements (crèches, commerces, bureaux) et espaces verts a déjà été soumis à l'enquête publique l'année dernière. 

Alors quand l'on évoque le rachat du marais du Wiels par le gouvernement bruxellois, le collectif fait le parallèle: "sur les deux sites, on a une nature qui a repris ses droits en ville et c'est devenu un objet politique, dans ce contexte de crise climatique et sanitaire, cela a un poids politique. Alors oui, avec ce rachat du marais, il y a un frémissement, ils l'ont racheté parce qu'ils savent que ce type de lieux a une importance stratégique pour le futur". Pour Mathieu Simonson, le gouvernement bruxellois devrait aller plus loin et prouver que "l'éco-progressisme qu'il porte en étendard n'est pas qu'un slogan", en "sauvant" la friche. 

Tester de nouvelles solutions urbanistiques 

Reste que la friche, ce n'est pas le marais. La SAU, la Société d'Aménagement Urbain (à l'époque la SAF) a acheté le terrain au Fonds de l'infrastructure ferroviaire en 2006, puis l'a assaini. Depuis, perspectives.brussels planche avec la SAU sur ce projet de quartier qu'ils veulent durable. Et l'abandonner n'est pas dans les cartons ni même en débat selon nos informations. 

Par contre, du côté de perspectives.brussels, on a remis l'ouvrage sur le métier, pour répondre aux griefs de la Commission régionale de développement. Dans son rapport, elle épingle sans détour la densité du projet, problématique, les manquements en terme de mobilité et la biodiversité trop peu protégée. "Nous sommes vraiment en train de tester plusieurs solutions urbanistiques", explique Tom Sanders, directeur stratégie territoriale chez persectives.brussels, "pour pouvoir tenir un maximum de ce qui a été dit pendant l'enquête publique et au travers de l'avis des différentes instances qui ont été consultées. Et donc on travaille actuellement avec des urbanistes pour voir quelle formes peuvent prendre les différentes solutions aux questions qui ont été posées". 

Une nouvelle copie du projet à la fin de l'année 

En amont, des négociations sont menées en intercabinets. Contacté, le ministre bruxellois de l'environnement Alain Maron explique que son cabinet y défend une nouvelle version du projet qui préservera un maximum la zone la plus riche en biodiversité de la friche. Mais il rappelle que c'est le ministre-président Rudi Vervoort qui est en charge du développement territorial (et que nous ne sommes pas parvenus à joindre).

Perspectives.brussels espère soumettre une nouvelle copie du projet au gouvernement bruxellois à la fin de cette année. Si c'est un feu vert, il faudra ensuite sans doute repasser par la case "enquête publique", puisque les compléments au rapport sur les incidences environnementales le nécessitent. 

Du côté du collectif, on rêvait d'autres choses. "Ce n'est pas la révision de la copie que l'on demande", insiste Mathieu Simonson du collectif Sauvons la Friche. "Mais appuyer sur la touche pause, pour remettre le projet à plat, pour reprendre l'expression de Steven Van Garsse de Bruzz, dans son édito". Une pause pour réfléchir aux enjeux de demain que la crise sanitaire et climatique ont remis en lumière.

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK