En dix ans, Bruxelles a gagné 126.000 habitants, l'équivalent d'une commune comme Schaerbeek

La Ville de Bruxelles reste la commune la plus peuplée avec 182.000 habitants.
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La Ville de Bruxelles reste la commune la plus peuplée avec 182.000 habitants. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La population de la Région de Bruxelles-Capitale ne cesse de croître. Pour preuve, les derniers chiffres du Registre national, arrêtés au 1er novembre 2018. Les 19 communes comptent 1.211.735 habitants. C'est 126.930 unités de plus qu'il y a 10 ans. En décembre 2008, la Région bruxelloise totalisait 1.084.805 habitants. Plus de 126.000 personnes en plus, c'est l'équivalent d'une commune d'importance comme Schaerbeek. 

Les données du Registre National, disponibles sur le site du Service public fédéral Intérieur, sont les plus à jour. Elles comptabilisent toutes les personnes inscrites dans les communes, quel que soit le registre dans lequel elles sont reprises : registre de la population, registre des étrangers, registre d'attente (étrangers introduisant une demande d'asile).

Top 3: Ville de Bruxelles, Schaerbeek, Anderlecht

D'après le Registre National, c'est la Ville de Bruxelles qui reste en tête des communes les plus peuplées avec 182.000 habitants (contre 157.000 il y a dix ans). Suivent Schaerbeek qui passe de 121.000 à 133.000 habitants en une décennie et Anderlecht de 107.000 (chiffres 2011) à 119.000. 

Molenbeek-Saint-Jean reste la quatrième commune de la Région avec 97.000 habitants. Après une progression constante au début des années 2010, Molenbeek stagne et ne parvient toujours pas à dépasser la barre symbolique des 100.000 habitants. Saint-Josse-ten-Noode, la plus petite commune de la Région bruxelloise avec 1,1 kilomètre carré stagne également depuis plusieurs années avec 27.000 habitants. 

Un taux de natalité plus important

On l'a dit : Bruxelles fait face à un essor démographique quasi interrompu depuis une vingtaine d'années. S'il a tendance à se tasser, il ne s'arrête pas. Comment l'expliquer ? Par un taux de natalité plus important à Bruxelles que dans les deux autres régions du pays. Depuis 10 ans, on dénombre chaque année environ 18.000 naissances contre 9000 décès. "Cette natalité élevée s’explique par une structure par âge plus jeune, et notamment par une proportion plus importante de femmes aux âges auxquels la fécondité est la plus élevée", précise l'IBSA, l'Institut bruxellois de statistique et d'analyse, dans une récente étude

Autre explication, l'immigration internationale toujours plus importante que l'émigration internationale. Entre 2010 et 2017 par exemple, Bruxelles a enregistré chaque année entre 46.000 et 55.000 entrées contre 26.000 à 38.000 sorties. 

A l'inverse, les habitants qui quittent Bruxelles pour une autre commune du pays sont plus nombreux que ceux qui s'y installent en provenance de Wallonie ou de Flandre. Exemple en 2017 avec environ 39.000 départs pour 25.000 entrées. Mais cela ne suffit pas à enrayer la croissance globale.

Crèches, écoles primaires: les défis ont été rencontrés

En tout cas, cette croissance sur dix ans reste synonyme de défis. Pour Rudi Vervoort (PS), ministre-président bruxellois, elle a été, globalement, suffisamment anticipée par le monde politique. "Tout d'abord, c'est un phénomène que l'on rencontre un peu partout dans le monde : le retour à l'urbain, à 'l'habiter en ville'. Il faut y faire face. Il y a des besoins nouveaux et complémentaires", précise le ministre-président. "Notamment en matière d'équipements, de crèches, d'écoles, de logements, d'environnement, de mobilité. Au niveau de l'accueil de la petite enfance et au niveau de l'enseignement primaire, ces défis ont certainement été rencontrés au cours de ces dernières années. Il reste encore 19.000 places à créer au niveau du secondaire d'ici à 2025. Ce sera chose faite. La Région a dégagé énormément de moyens afin que les communes puissent investir au niveau scolaire. C'est la troisième dépense des communes en matière d'investissements. Chaque niveau de pouvoir a pleinement joué le jeu en la matière."

Reste le logement. Les espaces constructibles ne sont pas nombreux. "C'est plus complexe. Cela implique le public mais cela demande aussi un investissement de la part du privé."

En matière de mobilité, l'offre de transports publics (nouvelles lignes de tram, de métro...) et de transports partagés (véhicules, Villo!, trottinettes...) s'élargit ou le sera dans les dix prochaines années. "De plus en plus de Bruxellois ne possèdent plus de voiture et vivent en ville sans voiture. L'enjeu de la mobilité à Bruxelles se situe davantage dans la navette entrante.

Il n'y a pas que du négatif dans le boum démographique

126.000 habitants de plus en 10 ans en Région bruxelloise. Mais la croissance sera-t-elle similaire d'ici à 2029 ? "Pour l'instant, il y a plutôt un ralentissement de la croissance. Mais le phénomène ne va pas cesser", analyse Rudi Vervoort. "C'est un phénomène mondial au niveau des grandes villes. En 2050, la majorité de la population mondiale vivra en ville. A Bruxelles, cela va se poursuivre et nous allons continuer à investir pour rencontrer ces nouveaux besoins. En même temps, ce sont de nouvelles opportunités économiques avec de nouveaux besoins, de nouveaux emplois, de nouveaux métiers qui se créent. Le boum démographique, ce n'est pas que négatif, c'est aussi du positif."

A l'étroit, Bruxelles serait-elle enfin tentée de s'élargir? Là, le débat devient plus politique et institutionnel. "Le boum démographique touche également la périphérie bruxelloise flamande. L'espace n'est pas suffisant à Bruxelles et il y a donc un afflux dans les communes de la périphérie. Mais dans un monde idéal, la ville devrait grandir. Mais en Belgique, on n'est pas tout à fait dans un monde idéal", conclut Rudi Vervoort.

 

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