Brussels Expo: les quatre directeurs se sont partagé 700.000 euros en 2017

Brussels Expo, un mastodonte dans la Ville qui joue la transparence.
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Brussels Expo, un mastodonte dans la Ville qui joue la transparence. - © BENOIT VANZEVEREN - BELGA

Pour la toute première fois, les comptes annuels de Brussels Expo présentent les rémunérations de ses dirigeants. Approuvés le 9 février dernier, ces comptes indiquent que les cinq membres du conseil d'administration se sont partagé 338.000 euros bruts entre juillet 2016 et juin 2017. Un chiffre en dessous de la réalité. Explications.

Une ASBL de la Ville de Bruxelles

Tout d'abord, Brussels Expo est une ASBL, créée par la Ville de Bruxelles. Comme d'autres ASBL en lien avec la Ville (GIAL, Cuisines bruxelloises...), ce mastodonte historique suscite des fantasmes, fondés et infondés sur son mode de gestion et la rémunération de ses dirigeants et administrateurs. Depuis peu, Brussels Expo a absorbé les trois ASBL en lien avec l'événementiel à Bruxelles: deux très anciennes comme la Foire internationale de Bruxelles et Foires & Salons de Bruxelles et une plus récente le Brussels Summer Festival. Cette réorganisation est une conséquence du scandale du Samusocial pour plus de transparence. En résumé, Brussels Expo gère l'exploitation du site des Palais des Expositions avec ses innombrables salons sur l'année mais aussi le Palais 12 et la Madeleine.

338.000 euros pour deux membres du CA

Quid du conseil d'administration? Jusqu'en juin 2017, celui-ci était composé de ces cinq membres: le bourgmestre-président Philippe Close (PS) alors député-échevin, Denis Delforge CEO de Brussels Expo, Henri Dineur (PS, Saint-Gilles) salarié et administrateur-délégué de NEO (le projet de développement du site du Heysel), Emin Luka directeur Facilités et Jean-Marie Bailly directeur financier. Les 338.000 euros mentionnés dans les comptes ne correspondent qu'aux rémunérations de deux administrateurs, Henri Dineur et Jean-Marie Bailly. "MM. Dineur et Bailly n'ont perçu aucune rémunération en tant qu'administrateurs, comme tous les autres administrateurs d'ailleurs", insiste Denis Delforge auprès la RTBF. Information confirmée par Philippe Close. "Les 338.000 euros correspondent en fait aux salaires de MM. Dineur et Bailly en tant qu'employés de Brussels Expo", ajoute Denis Delforge.

A ces sommes, s'ajoutent les rémunérations des autres administrateurs. Philippe Close (PS) n'a rien perçu durant cette période étant soumis au plafond des rémunérations. Sauf un avantage, révélé l'année dernière par la RTBF: sa voiture de fonction. La rémunération annuelle de Denis Delforge en tant que CEO atteint, elle, quelque 190.000 euros bruts. Reste Emin Luka avec un salaire annuel d'environ 175.000 euros. "Ces salaires ne proviennent que des activités économiques de Brussels Expo", explique Denis Delforge qui livre ces données. Ils ne proviennent pas d'un financement public. Rappelons que les derniers comptes annuels présentent un chiffre d'affaires de 36 millions d'euros et un bénéfice de 2,6 millions.

Fin de l'opacité

Reste l'éternelle opacité autour de Brussels Expo. "Le nouveau code de bonne gouvernance de la Ville de Bruxelles nous impose de communiquer ces rémunérations. C'est également une demande du réviseur d'entreprises", précise Denis Delforge qui annonce que son propre salaire figurera également dans les comptes annuels, à partir de 2019.

A noter que lors de l'absorption des différentes entités en janvier 2018, un nouveau conseil d'administration a été mis en place. Le président en reste Philippe Close. L'y a rejoint Yves Goldstein, ex-chef de cabinet de Rudi Vervoort et Laurette Onkelinx. Jean-Marie Bailly ne fait lui plus partie de ce nouveau conseil.

L'opposition réagit

Pour DéFI, qui réagit à ces informations, "il est urgent que la transparence soit également de mise pour toutes les autres ASBL liées à la Ville de Bruxelles", explique Fabian Maingain, chef de groupe. "Ce qui pose problème, dans le cas de Brussels Expo, c'est que nous découvrons ces informations de jour en jour. Réformer la gouvernance, c'est bien mais ce n'est pas que la réforme en façade. La Ville doit aller au fond des choses et pas seulement réduire les mandats car on voit que depuis GIAL, c'est la rémunération des directeurs qui posent aussi question."

Pour Ecolo, ces montants semblent "démesurés". "C'est plus de 7000 euros nets par mois. Est ce qu'un directeur de piscine touche autant?", se demande Zoubida Jellab, cheffe de groupe. "Nous demandons la transparence totale des grilles des salaires de l'ensemble des structures de la Ville pour pouvoir mener une comparaison objective entre toutes les ASBL qui rendent des services aux Bruxellois et Bruxelloises. Cela doit faire partie intégrante de l'audit que nous demandons. Un travail a été fait sur les mandats politiques, il faut maintenant s attaquer aux autres mandats."

 

 

 

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