Brussels Airport: le personnel de Swissport se prononce ce matin

Les activités de traitement des bagages devraient reprendre jeudi, après qu'un protocole d'accord a été signé mercredi soir entre les syndicats et la direction de Swissport, a indiqué Brussels Airport. Mais vers 22 heures, on apprenait que ce sont les travailleurs de l'équipe du matin qui décideront de la reprise du travail. 

Pas de reprise totale avant jeudi

Dans un premier temps, la reprise de l'activité aura encore une influence sur le traitement des décollages et des atterrissages prévus mercredi et jeudi. Une reprise totale ne se fera sentir que jeudi. Les passagers ne devraient donc plus subir jeudi les effets de la grève. Le traitement des bagages laissés en rade - estimés à 20.000 pièces - pourra également reprendre.

Ce premier accord a été obtenu par le conciliateur social désigné par la ministre du travail Monica De Coninck.

"L’accord n’est pas un accord idéal, mais contient un nombre d’étapes dans la bonne direction " peut-on lire dans le communiqué commun des syndicats et des la direction de Swissport. L’accord contient cependant des éléments suffisants pour que les syndicats demandent au personnel de reprendre le travail  après une interruption qui durait depuis trois jours.

Le protocole d'accord contient une série d'éléments qui pourront apporter, partiellement et à court terme, une réponse aux problèmes de surcharge de travail. Cette surcharge de travail était à l'origine de la grève. Les problèmes seront discutés sur le fond d'ici fin septembre et confirmés dans une CCT.

Plusieurs jours pour expédier les milliers de valises en attente

Les syndicats vont donc appeler à la reprise du travail des bagagiste, mais il faudra sans doute plusieurs jours pour que les milliers de valises qui s'entassent depuis dimanche dans les halls de l'aéroport soient expédiées à leurs propriétaires, en Belgique et aux quatre coins du monde. La moitié des compagnies présentes à Bruxelles, dont la belge Brussels Airlines et l'allemande Lufthansa, utilisent les services de Swissport, un géant mondial des services au sol dans les aéroports qui a racheté en 2012 l'ancienne filiale spécialisée de la Sabena, l'ex-compagnie nationale belge qui avait fait faillite en 2001.
Mais depuis leur changement de patron, les salariés de la compagnie se plaignent d'être en sous effectif. Selon les syndicats, ils ne sont parfois que deux à devoir décharger un avion là où ils étaient auparavant au moins le double.

Trois jours de grève

Le personnel de Swissport était parti en grève dimanche soir pour protester contre le manque de personnel, qui conduit selon les syndicats à une très forte charge de travail et met en danger la sécurité du personnel. Syndicats et direction s'étaient réunis mardi pour négocier, mais les discussions n'ont abouti que mercredi.

A leur arrivée au cabinet de la ministre, les syndicats ont dit espérer que la conciliation permette de sortir de l'impasse : "Je suis content de l'initiative de la ministre", a déclaré Frank Moreels, du syndicat socialiste UBOT. "Enfin quelqu'un qui veut bien nous écouter. Espérons que la ministre puisse, après un tour de table, trouver des pistes pour sortir de ce blocage, car dans les discussions directes avec la direction, nous tournons en rond en raison du refus de la direction de faire des concessions en matière de charge de travail.

Pour Kurt Callaerts, délégué au syndicat chrétien CSC-Transcom, le cœur de la discussion se trouve aussi au niveau de la surcharge de travail à laquelle doivent faire face les ouvriers. "Les compagnies aériennes veulent sans cesse offrir des prix meilleur marché. Cela met la pression sur leurs fournisseurs qui sont contraints d'économiser, ce qui se fait au détriment des travailleurs, dont les conditions salariales et de travail sont détricotées, malgré les conventions collectives existantes", estime-t-il.

De son côté, Peter Börner, du syndicat libéral, juge cruciale la concertation de la ministre. "Une tierce partie, neutre, qui veille à créer un climat serein est nécessaire", estime le responsable syndical.

Que faire en pratique?

Si vous devez prendre l'avion, il est prudent de se renseigner à l’avance pour savoir si votre vol n’est pas annulé. Sur le site internet de Brussels Airport se trouve une liste des compagnies aériennes touchées par la grève chez Swissport. Si votre compagnie est liée aux services de Swissport, ne prenez que des bagages de cabine.

Les passagers au départ de Bruxelles, voyageant avec des compagnies touchées par la grève, sont autorisés à embarquer avec deux bagages de cabine, de 10 kg chacun, respectant les dimensions mentionnées sur leur billet. Ces bagages ne doivent pas être trop volumineux car il faudra en glisser un des deux sous le siège.

Les voyageurs partant pour trois semaines vers une seule destination peuvent enregistrer leurs bagages, qui leur seront livrés après la grève.

En ce qui concerne les bagages à l'arrivée, certains peuvent être récupérés sur le tarmac, d'autres s'entassent et ne pourront être récupérés qu'après la fin de la grève. Ils seront envoyés chez leurs propriétaires ou plus vraisemblablement, vu la masse de bagages, ceux-ci seront invités à venir les chercher à l'aéroport.

Chez Brussels Airlines, les responsables, les ingénieurs, les employés, les équipages mettent la main à la pâte pour trier et livrer les bagages, annonce la compagnie sur Facebook.

La grève continue

Les syndicats ont constaté qu'après deux jours de grève ils recevaient moins de la direction que ce qu'ils avaient obtenu lors des précédentes négociations avant la grève, indique Thierry Vuchelen. Selon le délégué syndical libéral, la grève se poursuivra normalement ce mercredi. "Nous ne pouvons pas convaincre les travailleurs de reprendre le travail. Nous n'avons fait que reculer. Toute crédibilité a disparu."

"Après des semaines de négociations, plusieurs tentatives de conciliation et beaucoup de bonne volonté du personnel, il y a eu grève. Après quatre jours de grève nous devons constater que la direction est inflexible et continue à vouloir travailler avec des équipes en sous-effectif et une organisation de travail invivable tant pour les ouvriers que pour les employés", a indiqué Frank Moreels, secrétaire fédéral des centrales BTB et BBTK (UBOT-Setca, FGTB). Ces centrales demandent dès lors officiellement l'intervention de la ministre de l'Emploi Monica De Coninck afin d'arriver à une solution.µ

"La plus longue grève depuis la période Sabena", selon l'aéroport

Le personnel de Swissport a donc entamé son troisième jour de grève, mardi soir. Du côté de Brussels Airport, on évoque "un nouveau record depuis l'époque de la Sabena". "Il est temps qu'on trouve une solution dans ce dossier", a déclaré mercredi matin Jan Van der Cruysse (porte-parole de l'aéroport), qui évoque un "point de saturation". Le porte-parole s'attend à une baisse du nombre de vols annulés mercredi, par rapport aux deux journées précédentes.

Jan Van der Cruysse a également souligné le dommage économique croissant pour l'aéroport et la nuisance occasionnée pour les passagers. Selon lui, les compagnies aériennes qui souhaitent gérer les bagages elles-mêmes - "elles en ont tout à fait le droit" - en ont été empêchées par les grévistes. L'aéroport commence également à manquer d'espace pour stocker tous les bagages bloqués par la grève. Au moins 20 000 bagages s'étaient déjà accumulés mardi.

RTBF avec Belga

Syndicats et direction aboutissent à un accord

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