"Brise le silence" vient en aide aux victimes d'abus sexuels

"Brise le silence", des bénévoles au service des victimes d'abus sexuels
"Brise le silence", des bénévoles au service des victimes d'abus sexuels - © Tous droits réservés

A Mons, une nouvelle association, "Brise le silence" se donne pour objectif de venir en aide aux personnes victimes d'abus sexuels. Ce sont des bénévoles qui sont à l’origine de cette initiative. Ils proposent des groupes de paroles et des activités artistiques. Tout ce qui peut aider à sortir du silence et à se reconstruire. Dans l'équipe, il y a des psychologues, des artistes mais aussi des personnes qui ont elles-mêmes été victimes d'abuseurs.

Pas facile de s'attaquer à un sujet aussi délicat que les abus sexuels. Mais ce sont les expériences de vie et les rencontres qui ont convaincu Pascale Urbain, Xavier Hendrickx et Nancy Demaret de créer un lieu où les victimes pourraient s'exprimer, mettre fin au silence. Pascale Urbain, initiatrice du projet a mis de nombreuses années à se relever des abus qu’elle a subis durant son enfance. "Pour ma part, je suis restée vingt ans dans le silence et je crois que les années de silence sont tout aussi destructrices que le traumatisme en lui-même. " Quant à la raison de ce mutisme dans lequel s’enferment les victimes, elle l’explique par le sentiment de culpabilité et de honte. " La victime se sent coupable, elle se sent sale, elle est honteuse, elle n’en parle pas. On n’a plus aucune estime de soi. Plus aucun amour pour soi. On n’existe pas. "

Parmi les bénévoles, des psychologues et une psychothérapeute, mais aussi des personnes qui ont elles-mêmes vécu des agressions sexuelles. Nancy Demaret. Victime d’inceste et ensuite de harcèlement. Elle a eu gain de cause devant la justice. Elle a réussi à se reconstruire. Elle veut maintenant se mettre à l’écoute d’autres victimes : " c’est clair qu’il doit y avoir un entourage professionnel mais quand une victime s’adresse à une autre victime, on utilise des mots plus simples et peut-être que le contact se fera plus facilement. Je me suis battue pendant plus de trente ans. Mais j’ai quand même pu m’en sortir. C’est pour ça que je suis là. "

Mais parler est très difficile pour certains. Pour les aider à s’exprimer, l'association veut utiliser l'art, le dessin, le théâtre. Des ateliers sont en projet. Comme l’explique une des artistes partenaires, la comédienne Ariane Théry, " il ne s’agit pas d’apprendre les techniques du théâtre mais bien de s’extérioriser".

"Brise le silence" est basée à Jemappes, près de Mons. Dans un premier temps l'association accueillera des femmes, mais elle compte créer par la suite des groupes de paroles destinés aux hommes.

Isabelle Palmitessa

Pour plus d'information sur les activités de l'asbl "Brise le silence", un site internet www.briselesilence.be

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