Brigade anti-pub à Namur, en prélude à la journée mondiale contre la publicité

Brigade anti-pub à Namur, en prélude à la journée mondiale contre la publicité
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Brigade anti-pub à Namur, en prélude à la journée mondiale contre la publicité - © RTBF

La journée mondiale contre la publicité aura lieu ce lundi 25 mars.
Mais en prélude à celle-ci, une action de sensibilisation du public s'est déroulée ce samedi, dans plusieurs rues du centre de Namur.

Symboliquement, des membres de l'asbl Présence et Action Culturelles (PAC) ont enfilé une combinaison de décontamination et mis des masques de protection sur le visage. Objectif de cette brigade de décontamination publicitaire: interpeller les passants avec un message fort... "la publicité dans l'espace public est devenue envahissante, parfois sexiste, voire raciste"! Une manière originale d'inviter les citoyens à s'interroger sur la place de la publicité dans la sphère publique, ainsi que sur les messages véhiculés par les réclames.

Dans le public, les réactions ont été plutôt variées.

Militants anti-pub

Pour Emilie Remacle, animatrice à Présence et Action culturelles, la publicité est devenue envahissante. "Elle est omniprésente, dans les transports en commun, sur des affiches, sur des panneaux éclairés,..." Pour le PAC, et d'autres associations, la réclame s'impose de force aux passants. "De plus, certaines publicités sont sexistes, voire racistes. D'autres poussent à la surconsommation, à l'achat compulsif, au crédit à la consommation avec le risque de surendenttement que cela suppose. Il y a aussi du greenwashing (de la pseudo-écologie)".

Réactions diverses

Chez les passants interpellés par les membres du collectif, les réactions sont diverses. "Je trouve aussi que la publicité est envahissante. Trop, c'est trop!" D'autres sont indifférents: "cela ne me pose pas de problème", "de toute manière, on ne les remarque même plus".

Quand on aborde la question du sexisme, par exemple, les commentaires sont beaucoup plus unanimes. La plupart des passants dénoncent certaines dérives qui donnent une image négative de la femme. Un incident de ce type est d'ailleurs survenu il y a quelques jours, à Namur.

Puis, il y a ceux qui défendent la publicité. "Votre action me dérange", fustige un homme passablement énervé. "La pub fait vivre beaucoup de gens. Elle procure de l'emploi. Si l'on vous suit, il faudrait tout arrêter!"

Enfin, il y a les citoyens qui relativisent. "Certes, c'est dérangeant. Mais ce n'est pas la problématique prioritaire dans la société".

L'avis d'un spécialiste

Pierre Mathelart est un spécialiste de la publicité. Il préside la section publicité à l'Ihecs. "Le secteur est bien mieux régulé que par le passé", insiste-t-il. "La régulation et l'auto-régulation sont bien réelles. Et en cas de problème, le citoyen peut toujours saisir le Jury d'Ethique Publicitaire. Aujourd'hui, on ne peut plus dire n'importe quoi. En matière d'alimentation, l'AFSCA est stricte. Pas question, par exemple, de vendre les qualités qu'un produit alimentaire n'aurait pas. Cela dit, je ne suis pas opposé à une régulation plus stricte du message publicitaire. Pour autant que cela permette de mieux protéger le consommateur".

Le secteur de la publicité est, par ailleurs, en pleine mutation numérique. Beaucoup de questions font débat par rapport aux publicités sur la toile et les réseaux sociaux, notamment.

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