Brasserie de Bastogne: une ardeur d'avance sur les nouvelles tendances

La gamme de la brasserie a évolué en 10 ans. Des bières belges classiques au début "pour apprendre le métier" à des bières plus originales et contemporaines aujorud'hui
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La gamme de la brasserie a évolué en 10 ans. Des bières belges classiques au début "pour apprendre le métier" à des bières plus originales et contemporaines aujorud'hui - © RTBF

Pour comprendre l'évolution de la Brasserie de Bastogne il faut se plonger dans sa gamme de bière. Des traditionnelles blondes, ambrées, brunes au début, il y a 10 ans à des bières salées au cassis ou une saison aux levures sauvages aujourd'hui, la Ardenne Saison. "J'y mets à la fois des houblons américains et à la fois des houblons européens" explique Denis Gérard, en plein brassage de cette Ardenne Saison. Une variété de houblon plus traditionnelle, une autre plus contemporaine qui apporte des goûts floraux et fruités en vogue. Un mélange de d'innovation de tradition, à l'image de la brasserie.

Surfer sur les nouvelles tendances

"On essaye d'anticiper la mode" raconte Marc Cleeremans, le maître-brasseur. "On essaye d'être un poil en avance sur les tendances futures. Ça nous encourage à rechercher, à développer de nouvelles bières et répondre à la curiosité du consommateur qui évolue fort. Il y a beaucoup de personnes qui sont en attente de nouveaux produits et de nouvelles saveurs". Les bières vieilles en barrique de bois par exemple.

Plus d'un an dans un fut de Bourgogne

Les bières bariquées, c'est le dada de la brasserie ces dernière années. Elle possède une bonne vingtaine de vieux tonneaux. Aujourd'hui, Philippe Minne, co-fondateur de la brasserie, goûte une bière qui repose dans un fut de Bourgogne: "Ça fait 6 mois qu'elle est là, en général on les laisse un an, mais ça commence déjà à être pas mal! Elle a une bonne acidité, ça tire vers la gueuze sans en être. La garde en barrique donne un gout boisé et puis ça apporte ce que le bois a contenu auparavant. On a déjà fait des bière vieilles en fût de vin du Jura, de rhum, de whisky, ça donne a chaque fois un profile aromatique très particulier".

Les bières barriquées sont marginales en quantité par rapport aux bières classiques de la gamme mais elle font le plaisir des brasseurs et font parler d'eux dans le milieu de la bière artisanale: "C'est ça qui m'amuse et me motive, s'enthousiasme Philippe Minne, c'est de sortir des sentiers battus, faire des bières modernes que les autres ne font pas" 

Une brasserie bricolée

Aujourd'hui, la Brasserie de Bastogne produit 140.000 litres par an (dont la moitié est exportée à l'étranger). C'est beaucoup plus qu'au début: "On a commencé ça comme un hobby se souvient le patron. On a bricolé pour trouver nos cuves. Certaines viennent d'une autre brasserie qui revendait, d'autres, c'est du matériel de laiterie qu'on a transformé, il y a des cuves à vin que j'ai été chercher dans le Sud de la France et adaptées à la fermentation de bière. C'est du fait-maison, mais ça marche!"

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Et puis une fois le matériel bricolé, il a fallu trouver une levure. Celle qui donne la patte d'une bière, la signature d'une brasserie. Et pour ça, les fondateurs sont allés voir les moines d'Orval. C'est d'ailleurs toujours celle-là que les brasseurs utilisent aujourd'hui: "C'est la Sainte levure d'Orval sourit Marc Cleeremans, le maître-brasseur. Elle apporte de très bons arômes à nos bières. On a de la chance de pouvoir en profiter. C'est certainement un des secrets de la qualité et du succès de nos produits".

Nouveaux bâtiments et croissance à deux chiffres

Un succès qui pousse d'ailleurs la brasserie à s'agrandir. Trop a l'étroit dans ses bâtiments de Veaux-sur-Sûre, les installations sont arrivées à saturation. Un tout nouveau bâtiment est en construction dans le zonning de Baillonville, dans la région de Marche-en-Famenne. Trop loin de Bastogne pour garder le nom. La brasserie sera rebaptisée "Brasserie Minne" pour l'occasion (du nom de famille de Philippe et son épouse Catherine, qui reprennent les rennes à eux deux). Le déménagement est prévu pour la fin de l'année. Les nouvelles installations permettront de brasser quatre fois plus de volume qu'aujourd'hui.

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