Braine-le-Château mise sur son pilori, l'un des plus grands d'Europe

Le pilori de Braine-le-Château, l'un des plus grands et mieux conservés en Europe
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Le pilori de Braine-le-Château, l'un des plus grands et mieux conservés en Europe - © Serge Otthiers

Sur la grand'place de Braine-le-Château, dans le Brabant Wallon, trône un étrange pilier. Surmonté d'une couronne à six branches, on dirait un peu une lanterne géante. Le monument ne manque pas d'intriguer les visiteurs de passage. Les habitants du coin, par contre, semblent plus au courant. "C'est un pilori!" nous explique une voisine de la grand'place. Mais quand on lui demande à quoi cela servait? "A mettre les esclaves, au moyen âge?" risque-t-elle... Pas du tout!, Si le pilori est bien médiéval, il servait uniquement à humilier publiquement les condamnés.

Instrument d'humiliation

Pas question, donc, d'exécutions publiques ou d'emprisonnement de longue durée en haut de la colonne. Comme l'explique Jacques Pierson le secrétaire du syndicat d'initiative de Braine le Château. "Le pilori servait à exposer les condamnés, c'était la peine d'exposition publique. Les condamnés étaient, soit attachés au pied de la colonne, soit placés en haut dans la couronne. Cette exposition se faisait les jours de marché, lorsqu'il y avait foule". L'humiliation était sensée faire réfléchir les criminels.

L'un des mieux conservés

Le pilori de Braine est un des mieux conservés en Europe. "C'est un monument dont nous sommes assez fiers. C'est le plus grand de Belgique et sans doute l'un des plus grands d'Europe. D'habitude les piloris ont quatre mètres de hauteur, tandis qu'ici il monte à huit mètres quarante. Il date de 1521, c'est le seigneur de Braine-le-Château, Maximilien de Hornes qui l'a fait construire. C'était un fidèle de l'empereur Charles Quint".

Survivant de la révolution

La plupart des piloris ont disparus avec la révolution française. "Les révolutionnaires français ne voulaient plus voir ce symbole de l'autorité seigneuriale. Celui de Braine a bien failli aussi disparaître. Les révolutionnaires ont voulu le démolir en 1794, mais le Bailly, c'est à dire, le représentant de l'autorité seigneuriale locale, aidé de plusieurs habitants du village qui s'y est opposé. c'était déjà un symbole de la commune auquel les villageois tenaient".

Restauration prévue

Et aujourd'hui c'est la commune qui entreprend de sauvegarder ce vestige médiéval. "Il y a tout un dossier qui est réalisé avec un bureau d'architecte et un architecte local, Jean-Louis Van Belle, et les représentants de la commune, pour le consolider et lui redonner l'aspect qu'il avait auparavant". Les travaux devraient coûter environ 250 000 euros.

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