Braine-l'Alleud perd sa bataille de Waterloo contre le guide Michelin

Braine-l’Alleud a une nouvelle fois été déboutée en justice. La commune perd sa bataille contre les éditions Michelin. L’objet du litige, c’était le guide consacré à la route napoléon. Un ouvrage sorti en 2014 juste avant le bicentenaire de la "bataille de Waterloo". Les autorités brainoises estimaient que le guide ne mentionnait pas suffisamment que la butte se situait géographiquement à Braine-L’alleud. La commune restait dans l’ombre de Waterloo qui se taillait la part du lion. Pour la commune, parler de la butte de Waterloo alors qu’elle était sur le territoire de Braine-l’Alleud, cela ne pouvait que nuire au tourisme et à l’économie brainoise. Braine-l'Alleud s’était vexée et avait fait interdire la distribution du guide.

Une défaite mais une reconnaissance

Déboutée en 1ère instance en 2016, Braine l’est donc aussi en appel. Mais le bourgmestre Vincent Scourneau nuance toute de même sa défaite. Selon lui l’arrêt a été amendé et peut même faire jurisprudence de manière positive pour la commune. " La cour reconnaît les erreurs commises par le guide, les erreurs que nous avions dénoncées mais estime que le guide n’a pas fait de fautes et c’est là toute la nuance. Michelin peut être considéré comme de bonne foi dans son ignorance géographique car jusqu’ici la commune de Braine l’Alleud ne s’était jamais vraiment installée en demandant une reconnaissance de quoi que ce soit depuis 1815. Mais à partir d’aujourd’hui, le fait d’avoir publié sur le sujet, d’avoir existé de manière de significative au niveau des commémorations du bicentenaire, tout cela marque une page en ce qui concerne notre installation. L’arrêt reconnaît notre existence pour l’avenir. A partir de cet arrêt, on ne pourra plus nier notre existence".

Un gâchis

L’historien Philippe Raxhon, qui a écrit les textes du guide, obtient donc une deuxième fois gain de cause mais comme il l’explique, malgré la victoire, c’est un gros sentiment d’amertume qui domine. " Je le vis moins comme une victoire que comme une interrogation sur un gâchis par rapport à un beau travail éditorial notamment. Par rapport aussi à l’image donnée à l’ensemble de la communauté internationale des historiens de l’époque napoléonienne qui ont compris que la Belgique était la terre du surréalisme !"

Avec l’enclenchement de la procédure judiciaire, le guide a été interdit de diffusion, de mise en vente, de promotion, et même de distribution gratuite… et désormais six ans après… c’est un peu trop tard.

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