Brabant wallon : une rentrée marquée par la pénurie de professeurs

Cécile André, Directrice du Collège Saint-Etienne, à Court-Saint-Etienne
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Cécile André, Directrice du Collège Saint-Etienne, à Court-Saint-Etienne - © Rtbf

Relativement épargnée par la pénurie de professeurs pendant un bon bout de temps, la province du Brabant wallon est aussi confrontée à une pénurie de professeurs dans l’enseignement fondamental ainsi qu’en secondaire depuis quelques années.

La pénurie concerne principalement les enseignants de langues modernes et de sciences. Mais elle concerne de plus en plus d’autres matières, dont le français et la géographie. "Le Brabant wallon n’est effectivement pas épargné par cette problématique", explique Thomas Jadin, Président de l’Association des Directeurs de l’Enseignement secondaire catholique. "Il y a un manque d’attractivité pour la profession d’enseignant. Mais cette pénurie est aussi aggravée par une récente réforme des Titres et Fonctions, mise en place dans la législature précédente. Cela se traduit par des professeurs qui doivent se partager en plusieurs sites pour donner cours. A la base, l’idée de cette réforme était assez pertinente : vouloir mettre le membre du personnel avec la formation adéquate au bon endroit. Le problème, c’est que la pénurie existait déjà auparavant. Et cette réforme n’a fait qu’accentuer ce manque de professeurs. En novembre 2018, il y aura bientôt un an, 2727 heures de cours n'étaient pas attribuées en Belgique francophone, tous réseaux confondus, dans 201 écoles. C'est énorme! Et malgré certaines mesures d'assouplissement décidées après cela, d'après ce que j'entends, il y aura à nouveau beaucoup de problèmes cette année". Parmi les autres causes du phénomène : des conditions de travail souvent difficiles, pour un salaire relativement modeste.

Langues modernes

La pénurie touche particulièrement les professeurs de néerlandais et d’anglais. "Dans notre école, ce n’est pas la première fois que nous sommes concernés", explique Cécile André, Directrice du Collège Saint-Etienne, à Court-Saint-Etienne. "Cette année-ci, je suis à la recherche d’un enseignant pour 16 heures par semaine : 8 heures de néerlandais et 8 heures d’anglais. Qui plus est, je sais que dans le courant du trimestre je devrai encore trouver un professeur pour 6 heures supplémentaires, donc c’est vraiment problématique. Cela aura des conséquences pour l’organisation des cours. Des élèves vont se retrouver à l’étude. Nous devrons chercher des solutions en interne. Tout cela provoquera du retard. Ce n’est pas facile. Ni pour la direction, ni pour les enseignants ni pour les élèves". Rappelons que les pouvoirs organisateurs, les directeurs et les enseignants font le maximum pour trouver des solutions à des problèmes qu’ils n’ont pas créés.

Parents inquiets

"Bien sûr que nous sommes inquiets", souligne une maman d’élève de secondaire. "C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu. Précédemment, mon fils a subi les conséquences de cette pénurie pour son cours d’anglais. Il a accusé du retard. Et cela a engendré des problèmes."

"Nous craignons que nos enfants ne puissent pas acquérir toutes les connaissances nécessaires", explique un papa. "Cette pénurie entraîne des retards. Puis, on viendra s’étonner que nos enfants ont des difficultés en fin d’année. C’est regrettable !"

Enfin, les enfants eux-mêmes souffrent de cette situation. "Nous devrons rattraper le retard par la suite et ce ne sera pas facile", explique Anaïs, élève de secondaire. "J’ai peur de connaître à mon tour les conséquences néfastes qu’avait subies mon frère il y a quelques années", souligne une autre élève. "Accuser du retard, cela pose problème par la suite".

Une problématique d’autant plus grave que d’autres professeurs s’absentent en cours d’année, notamment à la suite de problèmes de santé tels que le burn out.

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