Brabant wallon : un projet de relais social est sur les rails

Le Brabant wallon va créer un relais social pour lutter plus efficacement contre la précarité.
Le Brabant wallon va créer un relais social pour lutter plus efficacement contre la précarité. - © Tous droits réservés

La jeune province pourrait bientôt se doter d’un nouvel outil en matière de lutte contre la pauvreté et l’exclusion : un relais social. Ce type de structure existe déjà dans plusieurs grandes villes wallonnes (Liège, Charleroi, Namur) mais ce serait le premier relais "intercommunal" à voir le jour. L’objectif ? Coordonner les acteurs de terrain – CPAS, maisons médicales, abris de jour etc. – pour déterminer les besoins réels au niveau social, puis y apporter des solutions à large échelle.

"L’idée a émergé au fil des discussions entre la province, les communes et les acteurs sociaux, explique Antoine Farchakh, chargé de projets wallons à l’AMA, la Fédération des maisons d’accueil et des services d’aide aux sans-abri. A présent, notre Fédération doit impulser le projet. Nous avons donc demandé un subside de 50.000 € à la région, pour engager à temps plein une personne à partir du 1er janvier 2021. Elle devra bâtir le relais social." Le travail est colossal, d’autant qu’une telle structure est réglementée par le code wallon de l’action sociale. Il faudra notamment fédérer un certain nombre d’acteurs (Entre autres : minimum trois CPAS, trois Communes, et un hôpital) et établir un plan budgétaire pour aller chercher des subsides supplémentaires. La Province soutient le projet, et apportera, au besoin, son aide au chargé de projet de l’AMA. "Si tout va bien, on espère avoir un relais qui fonctionne en 2022", avance Antoine Farchakh.

Bientôt un abri de nuit ?

A l’approche de l’hiver et au vu de la situation sanitaire, la création d’un relais social fait inévitablement remonter un autre dossier : celui de l’abri de nuit. Pour rappel, le Brabant wallon n’en accueille toujours aucun sur son territoire. Pourtant, depuis 2016, la Région impose l’ouverture d’un abri de nuit agréé dans chaque grande ville de plus de 50.000 habitants, et au minimum une structure dans chaque province, dans une optique de plus large solidarité territoriale. Mais les discussions entre communes n’ont jamais débouché sur une décision concrète en Brabant wallon, ce qui en fait le mauvais élève de la classe dans le domaine.

"Si tous les acteurs rassemblés dans ce futur relais social en viennent à la conclusion qu’un abri de nuit est nécessaire, alors on pourra avancer dans ce sens, analyse aujourd’hui Laurent Heyvaert, député wallon (Ecolo) très impliqué dans le dossier. Mais il y a aussi d’autres possibilités qui pourraient émerger, comme les projets housing first. En tout cas, faisons confiance aux acteurs de terrain : ils sont les plus aptes à déterminer les solutions adaptées aux réalités de notre territoire. Et, dans un second temps, la Région pourra intervenir." Pas d’emballement, donc. Car si le destin de l’abri se lie à celui du relais social, il ne verra probablement pas le jour, au mieux, avant l’hiver 2022. A moins qu’un acteur local accepte soudainement de le prendre en charge. Mais vu l’enlisement qu’on connaît depuis tant d’années dans ce dossier, cela semble peu probable.

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