Boulangerie "Au Vatel": faillite d'une institution etterbeekoise

Au Vatel a fermé ses portes
Au Vatel a fermé ses portes - © DR

C'était l'un des "spots" bien connus des fêtards et des noctambules. Située Place Jourdan, à Etterbeek, la boulangerie-pâtisserie "Au Vatel" a fermé ses portes. Touchée par la crise, la boulangerie fondée en 1969 ne répondait en outre plus aux normes de l'AFSCA, l'Agence fédérale pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire.

Entreprise familiale fondée en 1969 par Jean-Baptist Wijns (décédé en 2010), Au Vatel trônait depuis 45 ans sur la Place Jourdan, à deux pas de ses ateliers sis rue du Général Leman.

Jusqu'il y a peu, les noctambules ou les travailleurs matinaux pouvaient se ravitailler en viennoiseries à toute heure du jour (et surtout de la nuit) directement à la source de l'atelier.

La crise, la concurrence en provenance des pays de l'Est et le coût de l'énergie ont progressivement sapé la rentabilité de la société anonyme Au Vatel-Jourdan.

En août de cette année, le tribunal de commerce a placé la boulangerie sous la procédure de la réorganisation judiciaire. "Il n'y avait plus d'espoir de sauver le commerce, nous a déclaré le mandataire de justice, Maître Vandamme. Un atelier de boulangerie-pâtisserie en plein îlot urbain n'est plus adapté aux normes de fonctionnement actuelles. Pour se mettre en conformité avec les exigences de l'AFSCA, "Au Vatel" aurait dû investir de 1,5 à 2 millions d'euros. C'était exclu. Et cela rendait impossible toute poursuite de l'activité par un éventuel repreneur".

En outre, les livraisons coûtaient de plus en plus cher en raison de l'augmentation du prix du carburant.

Sur la trentaine de travailleurs encore employés par l'entreprise, Maître Vandamme a pu en reclasser 10. Il a également pu revendre la boulangerie-pâtisserie et un listing clients. C'est une institution bruxelloise qui disparaît avec "Au Vatel".

P. Carlot

Correctif. L'AFSCA conteste les chiffres

L'agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire conteste les chiffres cités par le mandataire de justice. l'AFSCA a effectué une inspection de l'atelier de fabrication de la boulangerie en 2013, à la suite d'une plainte relative à la présence de souris dans l'atelier et d'excréments de souris dans les farines. Les faits ont été constatés et le boulanger a pris les mesures nécessaires pour assainir les lieux. Si l'AFSCA a bien formulé des remarques concernant la vétusté d'une partie de l'atelier, il s'agissait de problèmes mineurs qui ont été résolus avant la faillite du commerçant. L'AFSCA dément donc la nécessité d'investir des montants importants pour permettre la poursuite des activités d'Au Vatel. Dont acte.

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