Boues de stations d'épuration : la méfiance est forte malgré les contrôles

Un agriculteur wavrien épand de la boue de stations d'épuration sur son champ
Un agriculteur wavrien épand de la boue de stations d'épuration sur son champ - © Tous droits réservés

Les stations d’épuration du Brabant wallon traitent chaque année 34 millions de mètres cubes d’eaux usées. Elles sont essentielles pour ne pas polluer encore plus les cours d’eau. La province, via son gestionnaire l’intercommunale In BW, est un bon élève en matière de dépollution de l’or bleu. Le taux d’équipement est de 97,7% (c’est 92% dans le reste de la Wallonie). Ce qui permet de traiter l’eau de la plupart des Brabançons.

Mais en bout de chaîne, il reste des déchets : notamment de la boue qui a été dépolluée. "Ce sont des micro-organismes qui vont digérer toutes les matières en suspension dans les eaux collectées via les égouts", explique François d’Ursel, responsable de la Cellule "Valorisation des déchets". "Toutes ces eaux arrivent dans une station d’épuration. On les met dans des grandes cuves et on va booster ces micro-organismes. Ils seront ensuite transformés en un élément qu’on appellera boues de stations d’épuration".

97% des boues produites sont utilisées en agriculture

Le Brabant wallon et l’intercommunale ont été pionniers en la matière. La filière a été lancée en 1985. Depuis 30 ans, ces boues sont valorisées. Pour in BW, l’intérêt est surtout économique. "Le coût financier est différent. L’incinération des boues coûterait plus cher", détaille Christophe Dister, président de l’intercommunale. "Tout mettre à l’incinérateur, c’est de la production de CO2. Donc, nous avons pris cette option depuis très longtemps de manière à valoriser le plus proprement possible les boues que nous produisons dans nos stations".

Pour les agriculteurs, il y a des avantages. Le précieux produit livré par l’intercommunale est gratuit et il sert de fertilisant aux terres agricoles. 250 agriculteurs ont recours aux boues produites en Brabant wallon. Cela concerne 2 500 hectares de champs.

La méfiance est forte chez certains agriculteurs

Willy, fermier à Wavre, épand tous les quatre ans de la boue sur ses terres. La gratuité l’a convaincu. Mais il utilise la boue avec parcimonie. Il en met moins que ce que les conseillers des stations d’épuration prodigue comme dose. Il nous le confie discrètement. Il est méfiant. "Cette méfiance doit être estompée par les contrôles qui sont stricts et nombreux", explique Philippe Maesen, professeur et chef de service au Bureau Environnement et Analyses de Gembloux (Université de Liège).

La filière est sérieuse. Elle respecte le cadre légal et les analyses effectuées sur les boues sont récurrentes. Une conférence de presse était organisé par In BW ce matin à la station de Basse-Wavre. Nous y avons rencontré François d’Ursel, responsable de la Cellule "Valorisation des boues". Pour lui, tout est sous contrôle. "Et en cas de pollution accidentelle des boues, dans le pire des cas, elles seraient alors détruites ou dirigées vers une autre filière que l’agriculture. Ici, en Brabant wallon, toutes les stations ont recours à des analyses en temps réel de façon à éviter toute forme de pollution possible".

Certaines filières interdisent le recours aux boues de station

Du côté de la FWA, la Fédération Wallonne de l’Agriculture, on confirme que le secteur est divisé sur la question. "Il y a bien une méfiance par rapport à ce qu’on pourrait retrouver dans la boue. Certains agriculteurs ont peur de la présence de métaux lourds dans ces boues", explique Bernard Decock, conseiller au syndicat agricole.

Dernier élément. Certaines filières, par exemple dans les cultures de légumes, interdisent le recours aux boues d’épuration. C’est stipulé dans les contrats. La présence de métaux lourds, même contrôlés sous les seuils, posent également des problèmes à certains agriculteurs.

 

 

 

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