Botte du Hainaut: un projet local pour aider à redynamiser et mieux gérer les étangs

Philippe Danvoye et Sébastien Pierret devant l'étang de la Demoiselle.
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Philippe Danvoye et Sébastien Pierret devant l'étang de la Demoiselle. - © Tous droits réservés

La Botte du Hainaut regorge d'étangs et donc de poissons. Mais bien de ces étangs sont en mauvais état car mal gérés, le plus souvent par manque de temps ou par ignorance des propriétaires. Le GAL, le Groupe d'Action Locale de l'Entre-Sambre et Meuse, et Virelles Nature, ont monté un projet avec l’aide de fonds européens Leader. Le but : que des spécialistes viennent leur donner un coup de main pour redynamiser leurs étendues d'eau.

Déséquilibre dans la diversité des espèces

Philippe Danvoye est le propriétaire de deux grands étangs à Seloignes, dans l’entité de Momignies. Des étangs qui n’avaient plus été entretenus depuis une quinzaine d’années. Résultat : " J’étais envahi de carpes ! Ces poissons étaient devenus un véritable fléau. Ils avaient grignoté toute la végétation des étangs et, en grossissant, les carpes étaient devenues carnivores et s’attaquaient aux autres espèces de poisson présentes ! ".

Sébastien Pierret travaille à l’Aquascope de Virelles et il est à l'origine de ce projet d'aide à la gestion d'étangs. Il a aidé Philippe Danvoye à réhabiliter ses étangs. "Il y avait un problème au niveau déséquilibre des classes d’âge et au niveau des espèces de poisson. Et c’est là que nous sommes intervenus : nous avons procédé à une vidange de l’étang, nous avons pêché au filet les poissons. Nous les avons triés, pour ne garder que les espèces qui convenaient à Monsieur Dandoye."

Les carpes avaient causé beaucoup de dégâts aux étangs. Est-ce que cet entretien n’est pas arrivé trop tard ? "Non, répond Sébastien Pierret. La nature est bien faite : les rhizomes (des mini racines, ndlr) de plantes sont toujours bien là dans la vase. Ils vont naturellement repousser. Et puis des graines vont tomber sur cette vase en train de se solidifier, et la germination va se produire tout aussi naturellement. Nous avons aussi abattu quelques arbres qui faisaient trop d’ombre, mais nous en avons gardé d’autres dont les racines sont dans l’eau car elles permettent aux jeunes poissons d’aller s’y cacher. " .

Cette aide et ces conseils ont été les bienvenus pour Philippe Danvoye. "J’ai hérité de ces étangs non entretenus, mais tout seul, je ne savais pas comment m’y prendre. Il y a encore du travail : des berges doivent être refaites, il faut enlever de la vase et des amas de feuilles, mais je suis déjà très content du travail accompli".

Un gros potentiel

Le projet ne vise pas à imposer une réhabilitation aux propriétaires. Il faut s’adapter à leurs demandes et leurs souhaits. Mais Sébastien Pierret tient à leur rappeler qu’ils ont un petit trésor entre les mains : "un étang, c’est beau, ça permet de faire des barbecues entre amis en été, mais c’est bien plus que cela. Si vous y élevez du poisson, vous pourrez non seulement organiser des parties de pêches, mais vous pourrez aussi le vendre. Des restaurateurs du coin sont en train de tester des recettes à base de poissons locaux. Et on peut imaginer que ce soit un argument pour attirer le touriste : un gîte de pêche qui propose un étang poissonneux juste à côté, je vous garantis qu’il y aura des amateurs ! ".

L’entité de Momignies à elle seule compte une centaine d’étangs, et la Botte du Hainaut en comptabilise plus de 500. Ce qui laisse supposer un joli potentiel de développement économique dans une région un peu délaissée par les investisseurs.

Reportage à Momignies dans notre JT 13h:

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