Bois-de-Villers et Floreffe: le patron des poëles à bois STUV veut passer la main

Un conseil d'entreprise extraordinaire a été convoqué par la direction ce matin à l'entreprise de poëles STUV. L'actionnaire principal (62 ans) veut lever le pied et vendre certaines parts. "Mais aucune urgence dans le processus" a expliqué le patron aux délégués syndicaux.
Un conseil d'entreprise extraordinaire a été convoqué par la direction ce matin à l'entreprise de poëles STUV. L'actionnaire principal (62 ans) veut lever le pied et vendre certaines parts. "Mais aucune urgence dans le processus" a expliqué le patron aux délégués syndicaux. - © Patrick Michalle- RTBF

Un conseil d'entreprise extraordinaire a été convoqué par la direction ce matin à 10 H chez STUV en région namuroise. La société basée à Bois-de-Villers (Profondeville) et à Floreffe fabrique des poëles à bois, à pellets et au gaz. Lors de cette réunion convoquée en urgence, Gérard Pitance, 62 ans, l'actionnaire principal (à 95%) de la société a annoncé son souhait de vendre certaines parts de sa société. "C'est naturel. J'ai toujours dit que moi aussi je partirais. J'avance en âge, et  j'ai décidé de chercher un partenaire qui serait intéressé par l'entreprise pour assurer un débouché." Dans quels délais? "Je ne sais pas encore. Cela dépend des offres, je reste maître d'accepter ou non."

Aucune urgence pour vendre: le personnel rassuré

L'annonce du journal l'Echo ce matin sur le processus de vente enclenché avait semé l'inquiétude à l' intérieur de l'usine. Il y était question de premières offres remises avant la fin du mois. "C'est prématuré de dire cela. A ma connaissance, aucun repreneur ne n'est encore manifesté" répond Gérard Pitance.

Les travailleurs des sites de Bois-de-Villers et de Floreffe ont été informés durant le temps de midi du contenu de cette réunion extraordinaire. "Le personnel est rassuré. On se doutait qu'il allait partir un jour mais l'apprendre par un journal, cela fait bizarre" nous explique un travailleur.

Les syndicats confiants pour le maintien de l'emploi

Les syndicats aussi ont été étonnés de l'annonce mais se disent sereins. "La direction s'est vraiment montrée rassurante. Il est clair que nous insisterons auprès de Monsieur Pitance afin que l'emploi sur les 2 sites namurois (Bois-de-Villers et Floreffe) reste une priorité. Et que cela ne devienne pas une transaction financière mais bien une transaction sociale qui fasse grandir la célèbre enseigne namuroise" expliquent Erica Bolzonello (CSC-METEA) et Michel Duby de la CNE dans un communiqué.

Pourquoi lever le pied? Aucun lien avec l'année morose de 2016

Y a t-il un lien avec la santé actuelle du marché? Hivers doux, baisse du prix du mazout. "Non. C'est vrai que les chiffres 2016 ne sont pas bons, mais cela n'a rien à voir. C'était lié au climat et tout le secteur a été touché. Ma décision n'est en rien liée à cela".

Ses enfants ne désirant pas reprendre l'affaire, le mieux selon le patron de STUV  est donc de passer la main."J'ai un cahier des charges précis, je suis attaché à l'ancrage wallon, mais je ne dévoilerai pas le mandat que j'ai donné à la banque d'affaires Degroof Petercam pour chercher des repreneurs. STUV pourrait vraiment devenir beaucoup plus rentable sur le marché du développement durable en Wallonie, je crois que des investisseurs pourraient être intéressés."

120 emplois et aussi les sous-traitants

15 000 poëles par an dont les 3/4 vendus à l'étranger. Plus de 20 millions de chiffres d'affaires par an.  STUV ne se limite pas au marché des poêles à bois. En 2013, elle a repris la société néerlandaise Tulp, entreprise de poêles à gaz. En février dernier, STUV avait racheté Ulis Design à Thuin, un fabriquant de plaques en tôles. Au total STUV, ce sont 120 travailleurs et quasi le même nombre en sous-traitants. Il y a aussi le projet de filiale de développement au  Canada qui pourrait encore faire grandir la marque namuroise.

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