Bois de la Cambre : la corona-boum qui fait rêver

La Boum – au milieu du Bois de la Cambre, le 1er avril ! C’est une invitation qui tourne sur Facebook (déjà 46.000 marques d’intérêt !) et à laquelle on aimerait croire. Un festival, gratuit en plus. Une fête, une vraie, avec pas moins de huit stages et des dizaines de DJ’s. Avec des foodtrucks qui sentent les acras créoles et les fajitas qui dégoulinent sur le bracelet du poignet. Avec de la bière et des mojitos de dix-huit heures à sept heures du matin. Une soirée et toute une nuit.

Treize heures d’insouciance pour retourner dans le monde d’avant. Celui d’avant le couvre-feu. Cet éteignoir qui nous ramène devant Netflix alors que la nuit vient juste de tomber. Ce fameux couvre-feu qui vient justement d’être confirmé ce mercredi, à partir de 22 heures et pour deux semaines au moins. Et qui douche, d’un coup, tout ce mirage auquel on aurait voulu croire.

 

On s’en fout, on sera là quand même

C’était trop beau, alors certains, y ont cru. Brièvement. Forcément. Fake ou pas ? Ils ont hésité avant de voir le GIF d’un poisson se faire gober par une mouette. "Le retour de Daft Punk sur un pédalo au milieu de l’étang". Dingue. "L’affiche de Tomorrowland, gratos au bois de la Cambre. Et puis le réveil sonne". Déception, rage, appel à de bons vieux rassemblements libertaires. Certains annoncent déjà qu’ils braveront l’interdit. Bravement, vraiment ? "N’empêche, cela serait une super idée à organiser chaque année, alors si on ne peut rêver cette année, on le fera l’an prochain". "Ah, non ! Les pelouses du bois de la Cambre vont être détruites. C’est un espace protégé par Natura 2000". Ouhlala, rabat-joie, va ! On avait juste envie d’y croire un peu, un tout petit peu !

La police surveille les réactions

Le succès de la page Facebook de l’événement (et les vidéos humoristiques qu’elle suscite) n’a bien sûr pas échappé à la police de Bruxelles. "On est au courant, bien sûr et on surveille ce qui se prépare mais nous avons aussi remarqué que le festival est programmé un premier avril", relève Ilse Van de Kerre, porte-parole de la zone de Police Bruxelles-Capitale/Ixelles. Le collectif anonyme à l’origine de cette "vraie fausse" annonce revendique un espace d’expression pour oublier la morosité ambiante. Une forme de surréalisme à la belge où, comme la pipe de Magritte, "ceci n’est pas une boum", mais un poisson d’avril ! Mais, ils reconnaissent aussi avoir été surpris par le nombre de réactions. Surpris ou dépassés ? Ce que redoutent certains, comme Christos Doulkéridis, le bourgmestre de la commune voisine d’Ixelles, c’est l’arrivée de tous ceux qui auront pris l’invitation au pied de la lettre. Ou qui choisiront malgré tout de venir faire la fête le premier avril, même sans Daft Punk ou David Guetta.

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