Boire l'eau des fontaines en Brabant wallon: "à vos risques et périls!"

La totalité des sources et fontaines du Brabant wallon sont déclarées non-potables
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La totalité des sources et fontaines du Brabant wallon sont déclarées non-potables - © S. Vandreck

C'est une habitude qu'ont prise certains habitants de la province, quelle que soit la météo: s'approvisionner aux "fontaines" d'eau de source que comptent la plupart des villages. Pour arroser le jardin, mais aussi pour boire. A Chastre, la source aménagée près du centre du village est bien connue. Aurélien est venu y remplir ses arrosoirs: "Quand j'étais petit, on se promenait à vélo et on s'arrêtait ici pour se désaltérer", se souvient-il. Pascal, lui, consomme l'eau de la source depuis toujours: "Ma mère, mes grands-parents ont toujours bu cette eau. Et personne n'a jamais eu de problème", affirme-t-il, une cruche à la main.

Nitrates et bactéries

Pourtant, l'eau de cette source, comme la plupart en Brabant wallon, n'est plus contrôlée. Ce sont les communes qui en ont la responsabilité, mais beaucoup ont renoncé à faire faire ces analyses, et ont préféré apposer un écriteau invitant à ne pas consommer l'eau. "Les dernières analyses ont révélé qu'il y avait une forte charge azotée dans les eaux souterraines et donc plus de potabilité. Avec la généralisation de l'eau de distribution, on s'est aussi détourné de l'usage premier de ces fontaines", indique Jérémie Guyon, attaché de projet au contrat de rivière Dyle-Gette. Au fil des ans, les eaux se sont de plus en plus polluées: "Il y a eu un impact important des pratiques agricoles, mais aussi des herbicides utilisés pour l'entretien des cimetières ou des jardins des particuliers. Il y a aussi encore pas mal de gens qui ont des puits perdus et dont les eaux usées vont directement dans les nappes phréatiques, qui amènent des bactéries coliformes et entérocoques", poursuit-il. Les usages changent petit à petit, mais il faudra des années pour que les nappes phréatiques reviennent à la normale.

Quatre analyses par an, ce n'est pas excessif pour sensibiliser les gens à leur santé

Le Brabant wallon est particulièrement concerné par ce problème, en raison de la nature de son sous-sol: "Il s'agit d'un sous-sol composé de sables bruxelliens, une couche géologique beaucoup moins filtrante, qui fait que les polluants arrivent beaucoup plus vite dans les nappes phréatiques". A Incourt, la commune a malgré tout décidé de continuer à faire analyser l'eau. La fontaine Sainte-Ragenufle est un lieu de pèlerinage, mais aussi d'approvisionnement en eau pour les villageois. On dit qu'elle guérit les fièvres. Les résultats des dernières analyses sont clairement affichés, ils indiquent la présence de bactéries. "On trouve que ça vaut la peine de faire ces analyses. On fait deux analyses plus poussées par an, plus deux analyses de routine. Ce n'est pas excessif pour sensibiliser les gens à leur santé, précise l'échevine de l'environnement, Nathalie Delacroix (EPI-cdH). Nous sommes couverts par un avis à l'entrée. Il n'y a jamais eu de problème, mais au cas où, par exemple, un camp scout s'installerait dans les environs, mieux vaut éviter de courir le moindre risque. Quant à ceux qui viennent s'approvisionner pour leur consommation personnelle, c'est à leurs risques et périls". Il est également possible pour les particuliers de faire faire une analyse d'eau dans un laboratoire agréé. Cela coûte une cinquantaine d'euros et doit être fait régulièrement, sachant que la qualité de l'eau varie en fonction des saisons et des conditions météo.

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