Blow Book : de la BD d'auteur vendue en distributeur automatique

Blow Book : des BD d'auteur vendues en distributeur automatique
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Blow Book : des BD d'auteur vendues en distributeur automatique - © S. Vandreck

Les premiers distributeurs de Blow Book ont fait leur apparition début septembre dans deux lieux culturels du centre de Bruxelles, le hall de Bozar et le passage Bortier. Ils ressemblent à s’y méprendre à des distributeurs de canettes de soda ou de friandises. Leur contenu est tout autre : des romans graphiques de 200 pages au format d’un paquet de cigarette, spécialement édités pour être vendus de cette manière, au prix de cinq euros. Les ouvrages sont imprimés à Waremme. "On parvient à proposer des livres à ce prix-là car ils sont justement petits. On n’a pas énormément de chutes de papier, donc on peut en fabriquer beaucoup", explique Dimitri Piot, auteur et dessinateur et membre de la jeune plate-forme éditoriale Blow Book.

On décloisonne le livre de son endroit habituel

Initiée par des professionnels de la BD (Dimitri Piot, Philippe Capart et Olivier Van Vaerenbergh), cette maison d’édition veut remettre la culture dans la rue, en la rendant plus accessible. "L’idée est de placer ces distributeurs dans des lieux publics ouverts, des gares, des hôpitaux, et de proposer de la lecture à tout le monde. On décloisonne le livre de son endroit habituel pour le proposer, où on ne pourrait pas l’attendre. Mais l’idée éditoriale de Blow Book est aussi de proposer quelque chose de cohérent", poursuit l’auteur. Le collectif a sélectionné des ouvrages d’auteur, accessibles à tous les publics. Quatre titres sont aujourd’hui disponibles : deux créations et deux rééditions de romans graphiques du vingtième siècle jamais republiés jusqu’ici. C’est le cas d’une aventure de Dick Bos, personnage créé dans les années 40 par le néerlandais Alfred Mazure, le premier à publier dans ce format de 11,5 sur 7,5 centimètres.

Entre les sodas et les barres de chocolat

Pour diffuser plus largement ses ouvrages, Blow Book vient de s’associer à la société Gamaco de Jandrain, qui place des distributeurs dans les entreprises et les lieux publics. Bruno Garot, son patron, va d’ici la fin du mois proposer à ses clients une rangée de ces livres, entre celles réservées aux barres de chocolat ou aux boissons rafraîchissantes dans ses machines. "Cela peut se faire sans problème, la machine peut être adaptée au produit, confirme-t-il. Il y a quelques années, nous avons ainsi proposé des cartes routières et des kits de réparation de vélo sur les routes du Ravel. Il faut maintenant voir comment le public va réagir". Les premiers résultats semblent encourageants, avec 250 volumes écoulés depuis la mise en route du concept.

Ce n’est pas qu’on veut faire plus d’argent, c’est juste qu’on ne peut pas se le permettre

Le collectif se défend par ailleurs de vouloir concurrencer les libraires indépendants en cassant les prix : "Nous leur avons présenté le projet. Nous sommes mêmes ouverts à ceux qui seraient intéressés de travailler avec nous, rappelle Dimitri Piot. Mais nous avons insisté sur le fait qu’on ne peut pas aller au-delà de 20% de marge bénéficiaire, car notre modèle économique ne le permet pas. Ce n’est pas qu’on veut faire plus d’argent, c’est juste qu’on ne peut pas se le permettre". Sur les cinq euros du prix de vente, un euro revient en effet à l’auteur, un autre euro est consacré à la fabrication du livre, et le troisième à son revendeur. Les deux autres euros sont réinjectés dans le projet Blow Book, pour publier notamment de nouveaux titres, de nouveaux auteurs. L’objectif étant d’en sortir une douzaine chaque année.

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