Blandain: des seniors aident les élèves à progresser en lecture

Une fois par semaine, les élèves s'exercent à la lecture en compagnie d'un "tuteur"
Une fois par semaine, les élèves s'exercent à la lecture en compagnie d'un "tuteur" - © S. Vandreck

Une enquête internationale pointe du doigt les mauvais résultats des écoliers belges francophones en lecture. Une étudiante en sciences de l’éducation a choisi de réaliser son mémoire sur cette problématique. Dans ce cadre, elle a mené ces derniers mois une expérience originale dans la classe de 3e et 4e année de l’école libre Saint Eleuthère de Blandain.

Un après-midi par semaine, la classe de Cécile Legrand est divisée en deux, pour la leçon de lecture. Une moitié des élèves travaillent avec leur institutrice, en groupe, de manière classique. Les autres rejoignent leurs «tuteurs», des seniors avec qui ils travaillent individuellement. «Quand on est en classe, une classe complète de 17 élèves, on ne sait pas être à côté de chacun, on ne sait pas répondre à toutes les questions, témoigne Madame Cécile. Ou bien les élèves travaillent seuls et ils sont face à leurs problèmes, ou on répond à tous et ils ne sont pas tous attentifs en même temps. Quand ils sont pris individuellement, il y a quelqu’un à côté d’eux qui va mettre le doigt sur leurs difficulté, qui va avancer en fonctions de leurs besoins et donc forcément plus vite».

Un manque d'apprentissage individuel

Tous les élèves ne sont pas égaux devant l’apprentissage de la lecture: certains lisent à la maison avec leurs parents, pour d’autres cela se limite à l’école. «Dans les causes des faibles résultats obtenus lors de l’enquête PIRLS, il y avait notamment le manque de remédiation ou d’apprentissage individualisé de la lecture», explique Mathilde Boutiflat, étudiante en sciences de l’éducation. Pour son mémoire de fin d’études, consacré aux résultats de cette enquête chez nous, elle a donc recruté une dizaine de seniors et leur a demandé d’accompagner individuellement les enfants dans leurs exercices de lecture. Jean-Marie, enseignant à la retraite, vient donc une fois par semaine à l’école: «Je ne savais pas trop au départ ce que je pourrais apporter. Ma première motivation a donc été de donner un coup de main à une étudiante. Mais très rapidement, il y a une relation très attachante qui se noue avec l’enfant et on commence à voir l’utilité de la démarche».

Des progrès déjà visibles

Cette expérience intergénérationnelle a eu plusieurs effets sur la classe. Zoé, élève de 3e année, explique qu’elle a repris goût à la lecture: «je ne lisais plus beaucoup pendant les vacances, ici je sais mieux lire». D’autres enfants ont repris confiance en eux: «J’ai eu un élève qui, au départ, avait l’impression qu’il ne valait pas grand-chose. Au bout de la 5e séance, il était beaucoup plus confiant en lui-même et en ses possibilités», raconte Jean-Claude, un autre de ces « papys-lecteurs ». Ce que confirme Madame Cécile: « e pense à un enfant qui au départ ne voulait pas lire les textes longs, il trouvait que c’était trop difficile et ne faisait pas l’exercice. Aujourd’hui, il sait qu’il va y arriver, même si c’est un peu difficile. Ça c’est déjà un succès». «On a constaté une nette amélioration au niveau de la compréhension de l’explicite, ajoute Mathilde Boutiflat. Pour la fluidité en lecture, il y a aussi une amélioration, mais pas aussi nette que ce qu’on espérait». L’idéal serait évidemment que les seniors poursuivent l’expérience l’année prochaine. La plupart sont en tout cas prêts à recommencer.

Stéphanie Vandreck

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