Binche: rentrée sans les parents pour une cinquantaine d'internes

La rentrée a commencé plus tôt pour une cinquantaine d'internes
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La rentrée a commencé plus tôt pour une cinquantaine d'internes - © S. Vandreck

La rentrée a pris un peu d’avance à l’internat de l’Athénée Royal de Binche. Dès 6h, Christelle Weber, chef de cuisine, s’affaire près de son four où cuisent des croissants et petits pains au chocolat. "On a voulu faire plaisir aux enfants, comme c’est un jour spécial".

Sur la cinquantaine d’internes qui ont déjà passé la nuit dans l’établissement, une trentaine quittaient le cocon familial pour la première fois. "C’est chouette, on est avec nos amis, j’aime bien ça", se réjouit Anna, élève de 1e année secondaire, pour qui cette nuit à l’internat était une grande nouveauté. Mais sa nouvelle copine Emile s’empresse d’ajouter: "Ce n’est pas la même chose qu’à la maison. On est sans les frères et les parents. Ce n’est pas à eux qu’on dit bonne nuit, mais à des amis".

Une première nuit calme

Les jeunes internes ont été accueillis la veille au soir, avec leurs parents. Ils ont pu visiter les dortoirs, aménager leur petit coin à eux, rencontrer les éducateurs et les autres internes, avant dire au revoir à papa et maman. Ils ne se reverront pas avant mercredi après-midi, le seul moment où des visites sont possibles.

Entretemps, ils pourront se parler au téléphone. "Il y a beaucoup de nouveaux, il faut leur expliquer comment ça se passe, comment préparer leurs vêtements pour le lendemain, par exemple", explique Quentin Lemoine. L’éducateur a passé la nuit au dortoir des garçons et les a réveillés vers 7h. "La nuit a été calme, il n’y a finalement pas eu trop de larmes".

"Une famille de substitution"

L’internat accueille les enfants dès la première année primaire. Ils y arrivent pour diverses raisons. "Les situations familiales sont parfois compliquées : des parents qui ne s’entendent plus entre eux, des enfants qui ne s’entendent plus avec leurs parents, et qui demandent eux-mêmes à venir à l’internat. Cela arrive de plus en plus souvent."

"Il arrive aussi que la vie familiale soit bouleversée lorsque des parents retrouvent un travail après une longue période sans emploi", explique Roland Maudua, l’administrateur de l’internat. "Nous sommes donc leur famille de substitution, nous ne remplaçons pas les parents, mais c’est à nous de les accompagner à l’école, dans leurs devoirs, leurs activités."

Plus d'internes qu'il y a dix ans

En ce jour de rentrée, alors que la plupart des élèves de la section primaire de l’Athénée sont accompagnés par leurs parents ou grands-parents, c’est donc le responsable de l'internat qui joue ce rôle avec les plus jeunes internes. "Au fil des années, nous leur laissons de plus en plus d’autonomie, mais toujours avec un regard bienveillant sur ce qu’ils font, nous disent, nous confient". L’internat peut héberger jusqu’à 90 pensionnaires. Roland Maudua et son équipe s’apprêtent à accueillir les plus grands à la fin de la semaine, pour la rentrée du secondaire: "Certaines décisions se prennent à la dernière minute, on ne sait donc pas encore exactement combien ils seront au final. Mais le nombre d’internes ces dernières est bien plus important qu’il y a dix ans".

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