Binche: le seul fabriquant des "vrais" masques de gilles

Le matin du mardi gras, les gilles sortent le visage dissimulé derrière un masque de cire. Il fait partie intégrante du costume. Tous ces masques sont fabriqués dans un petit atelier d'à peine quinze mètres carrés, dans un grenier de la Grand’Place de Binche. Christophe Pourbaix est le seul à fabriquer ces masques. Selon lui, la technique est toute simple : "Il suffit de trois morceaux de coton de quarante centimètres de côté. Ils sont d’abord encollés, ensuite enfermés entre deux moules, puis chauffés, démoulés et enfin découpés ".

Une fois mis en forme les masques sont peints et décorés. Les pochoirs sont les mêmes depuis quarante ans. Tout est fait à la main. Le geste est précis et se répète masque après masque. Pour finir, et c'est ce qui fait la particularité et la richesse de ces masques, ils sont trempés dans la cire. Il y a deux modèles: le gille et le paysan.

Le retour d'une tradition

Jusque la deuxième Guerre mondiale, ces masques étaient fabriqués en Suisse et en Allemagne. Ensuite, ils ont été fabriqués une fois dans la ville française de Saumur. L’usine est ensuite passée au plastique, la tradition s’est perdue et les masques ont disparu. Au début des années ’70, Jean-Luc Pourbaix, le père de Christophe, a décidé d’apprendre à faire des masques pour relancer cette tradition. Il lui a fallu une année pour trouver la bonne technique. Pari réussi. Depuis 1975, la maison Pourbaix est la seule à réaliser ces masques, dont le modèle est protégé, reconnaissables aux moustaches "Napoléon III" et aux lunettes vertes dont ils sont ornés. Et tous les gilles le portent.

Après son père, Christophe a pris la relève, et ses fils qui l’aident régulièrement, suivront à leur tour. Chaque année il fabrique environ 500 masques vendus aux sociétés de gilles. Mardi matin, comme toujours, Christophe sera ému quand il verra les gilles défiler avec les masques qu'il a façonnés toujours avec la même passion.

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