Bilan de la grève: beaucoup d'absents dans les écoles liégeoises

Ne cherchez pas, ici, vous ne trouverez aucun enseignant. Les portes de cette école sont fermées. Nous sommes à Herstal, beaucoup de professeurs suivent le mouvement de grève.  Alors les élèves des écoles communales sont accueillis dans quatre établissements "garderie" pour la journée. Vinciane Greven est institutrice primaire à l'Ecole Emile Muraille à Herstal, elle travaillait ce mercredi "Aujourd'hui, à 08h30, nous avons deux enfants qui ne viennent pas de notre école.  C'est moins que les autres jours de grève. La garderie, ici, à Emile Muraille, ce sont les enseignants non grévistes, en général non syndiqués, qui assurent la garderie des enfants présents".

Même commune, autre établissement, autre contexte.  Dans cette école catholique, il n'y a quasi pas de professeur en grève.  Mais dans les classes, c'est le désert.  80% des élèves sont absents. Anne Roubinet, professeur de mathématiques au Collège Saint-Lambert/Saint-Laurent à Herstal nous explique qu'il n'est pas possible de voir de nouvelles matières avec 3 élèves sur 15.  "Beaucoup d'élèves utilisent les transports en commun. Quelques-uns ont peut-être profité de la grève des bus pour rester à la maison. Je ne pose pas de jugement par rapport à leur absence".

Quand les grévistes sont des étudiants

Avec si peu d'élèves, place donc aux révisions et au débat, comme nous l'explique Michel Gilissen, directeur du premier degré du Collège Saint-Lambert/Saint-Laurent "C'est aussi le jour pour développer le sens critique dans du cas concret. Nous sommes dans une situation "Pourquoi, comment?...", on se renseigne.  On va parler des mesures, on parle du syndicat, de la force des syndicats.  C'est en développant le sens critique que l'on peut amener un contre-pouvoir réel dans une société".

Au centre de Liège, devant la Haute Ecole HELMo ESAS, nous tombons sur un piquet filtrant.  Ici, ce ne sont pas les enseignants qui marquent la grève, mais les étudiants. Affiliés à un syndicat ou non, ces futurs travailleurs sociaux s'inquiètent aussi pour l'avenir du financement des services publics, comme nous l'explique Loic Martin, étudiant assistant social "Si on diminue les subsides octroyés aux ASBL et aux services sociaux, j'aurai beaucoup moins de chance d'être engagé.  Et d'un autre côté, si j'ai la chance d'être engagé, je n'aurai peut-être pas autant de liberté d'actions par rapport au financement pour ces actions-là.  Donc, c'est une augmentation de la pauvreté. D'un côté, une augmentation des problèmes sociaux, et de l'autre, moins de moyens pour y faire face."

Supérieur, secondaire, primaire, tous les niveaux ont été touchés ce mercredi par ce mouvement de grève.

Eric Destiné

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