Bierghes, Nivelles : quel avenir pour ces églises qui tombent en ruine ?

L'église de Bierghes n'accueille plus d'offices pour raisons de sécurité
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L'église de Bierghes n'accueille plus d'offices pour raisons de sécurité - © S. Vandreck

Construite au dix-septième siècle dans un style typique de la région, l’église St Martin de Bierghes (Rebecq) est aujourd’hui en bien piteux état. "Il y a des morceaux de toiture, de charpente, des briques qui tombent. C’est dangereux. Un couvreur ne veut même plus venir sur l’église !", témoigne Dimitri Legasse (Union). L’ancien bourgmestre, toujours fort présent dans sa commune, a grandi au pied de cette église et l’a vue fortement se dégrader au fil des années. Elle n’accueille plus les fidèles depuis longtemps et, lors de la Toussaint, des barrières incitent les visiteurs du cimetière qui l’entoure à s’écarter de ses murs décrépis. Restaurer l’édifice coûterait bien trop cher à la commune, qui en est propriétaire : les travaux sont estimés à un petit million d’euros. Pas évident non plus, vu son emplacement, de lui trouver une nouvelle affectation ou de le revendre.

Un patrimoine classé

La commune envisage donc de "déconstruire" le bâtiment. Le dernier conseil communal vient d’approuver la passation de marché en vue de désigner un auteur de projet. Car il ne s’agit pas de raser la vieille église, mais d’en conserver les éléments architecturaux et historiques les plus intéressant, comme l’arcade de l’entrée, les pierres tombales qui se trouvent à l’intérieur. La reconstruction d’une structure rappelant sa silhouette est même sur la table. "Pas si vite", tempère cependant l’Agence wallonne du Patrimoine (AWAP), rejoignant ainsi les villageois et amoureux du patrimoine qui se sont émus de cette annonce. L’ensemble de site est en effet classé et toute intervention sur l’église ne pourra pas se faire sans l’autorisation de l’AWAP.

Désacralisation

Mais l’AWAP n’est pas la seule à devoir donner son feu vert dans ce genre de dossier. Si l’église doit perdre sa fonction de lieu de culte, elle doit avant tout être désacralisée pour retrouver un caractère profane. Seuls les évêques sont habilités à prononcer des décrets de désacralisation. Pour cela, plusieurs critères rentrent en ligne de compte : le caractère insalubre de l’édifice, le fait qu’il y ait un lieu de culte dans les environs pour accueillir les paroissiens, mais aussi la destination du bâtiment, une fois désacralisé. "Il faut en tout cas que ce soit un usage qui ne soit pas inconvenant", précise Laurent Temmerman, responsable des fabriques d’églises pour le Vicariat du Brabant wallon. Logements, commerce, lieu culturel… Tout est possible, ou presque. A Bierghes, le projet prévoit d’installer sur ce qui restera de l’église les cellules du colombarium. "La désaffectation n’a pas encore eu lieu. Nous avons donné un accord à l’ouverture d’un dossier", ajoute encore Laurent Temmerman.

Un repère pour le quartier

Autre dossier sur lequel les autorités religieuses doivent se pencher : celui de l’église St Sépulcre de Nivelles. Elle a dû fermer ses portes aux fidèles il y a moins d’un an en raison de sa dangerosité. Sa désacralisation est encore soumise au préalable à une réunion publique, impossible à organiser en cette période de confinement. L’idée ici n’est pas de déconstruire l’édifice mais de le mettre en vente. "Parfois, c’est la solution proposée pour préserver le patrimoine et le faire vivre à un autre usage, l’usage cultuel n’étant plus possible en l’état, et le maintenir dans ce cas-ci au cœur du quartier". Ici aussi, les travaux de rénovation pour maintenir le culte pèseraient beaucoup trop lourd sur le budget communal.

Journal télévisé 15/06/2019

En province de Liège, l'église de Bressoux a été désacralisée et mise en vente.

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