Bierges: la directrice d'une école spécialisée accusée de harcèlement par des professeurs

Le projet LiVentourne, une école spécialisée de Bierges, aujourd'hui secouée par des tensions entre adultes.
Le projet LiVentourne, une école spécialisée de Bierges, aujourd'hui secouée par des tensions entre adultes. - © Rtbf

C'est une affaire de harcèlement moral présumé, dans une école de Bierges, près de Wavre. Plusieurs enseignants nous ont contactés. "Nous venons de déposer plainte au pénal contre la directrice de l'école spécialisée LiVentourne", nous ont-ils indiqué. Cet établissement accueille actuellement 25 adolescents porteurs d'un handicap mental; des jeunes autistes, notamment. Deux proches de la directrice sont également visées par des plaintes.

Les professeurs ont aussi alerté leurs syndicats, ainsi qu'un service externe de prévention et de protection au travail. Preuves matérielles à l'appui, ils nous ont livré des témoignages pour le moins interpellant. Intimidations, injures, menaces, méthodes pédagogiques douteuses,... la liste est longue. Des témoignages pour la plupart anonymes, les personnes concernées redoutant des représailles.
Témoignages accablants

"Quand je suis arrivée, la directrice m'a appris à faire des clés de bras. Et elle m'a dit d'aller au front avec les élèves qui avaient des problèmes de comportement".

"Je ne pouvais pas avoir de tableau, ni de bureau. Je ne pouvais rien afficher au mur. Sinon, il fallait tout enlever. J'en étais arrivée à devoir faire mes déroulements de leçons à quatre pattes, par terre! J'ai plus de 50 ans, donc... vous pouvez imaginer..."         

"Moi, ce qui m'a marqué, c'est le fait d'être obligée de rester seule en classe avec 13 élèves trisomiques et autistes. Il faut savoir qu'il y a une éducatrice spécialisée qui est sensée venir m'aider en classe. Or, elle ne vient plus, sur ordre de la direction! Le problème, c'est qu'on met en péril la sécurité des élèves, mais la mienne aussi".

"La directrice traitait mes collègues de connards et de connasses devant moi. Elle m'a demandé de choisir mon camp. Et dès qu'elle a vu que je parlais aux collègues concernés, elle m'a traitée de traître." 

"La directrice a aussi tenu des propos à caractère raciste en se moquant d'un élève d'origine étrangère".

"Tout va bien"      
Nous avons évidemment contacté la directrice. Qui n'a pas voulu faire de commentaires. Elle nous a simplement dit que l'établissement fonctionnait bien. Et que les 25 élèves suivaient les cours normalement. Les plaignants et le pouvoir organisateur affirment aussi, qu'à ce jour, les élèves sont épargnés par ces tensions entre adultes.

Un P.O. embarrassé

Du côté du P.O. (pouvoir organisateur), on reconnaît que la situation est conflictuelle. Mais Daniel Van Der Elst, Président de ce pouvoir organisateur représenté par l'asbl Entre Eux et Nous, espère beaucoup d'une médiation qui pourrait être mise en place en décembre prochain. "Ces tensions, il faut les apaiser par la communication, le dialogue. Nous avons déjà pris des mesures pour éviter ou limiter les confrontations directes entre les personnes en conflit. Mais il faut du temps. Nous tentons aussi de trouver une solution avec la Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous devons vérifier la véracité de ces accusations. Et s'il s'avère qu'il faut aller plus loin, le P.O. prendra une décision. En attendant, la priorité, c'est d'éviter tout problème aux élèves".  

Une épine de plus
Après un départ difficile pour causes financières et administratives (nombre d'élèves insuffisant au lancement du projet, complications techniques), l'école doit désormais relever un autre défi... celui d'une pacification incontournable pour garder la confiance de tous et pérenniser un projet pédagogique précieux pour les enfants et leurs familles. Un projet qui avait d'ailleurs reçu un soutien financier de l'opération Cap48.

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