Bientôt un surloyer pour les logements sociaux sous-occupés

L'objectif, c'est que les familles disposent d'un logement "sur-mesure". Mais bon nombre d'associations de locataires estiment qu'il s'agit d'une réforme imposée, et mal pensée.
L'objectif, c'est que les familles disposent d'un logement "sur-mesure". Mais bon nombre d'associations de locataires estiment qu'il s'agit d'une réforme imposée, et mal pensée. - © BELGA PHOTO DRIES LUYTEN

Un supplément de loyer de 25 à 150 euros ou un déménagement. C'est ce que la Région Wallonne va imposer dès le premier janvier aux locataires d'habitations où toutes les chambres ne sont pas occupées. L'objectif, c'est que les familles disposent d'un logement "sur-mesure". Mais bon nombre d'associations de locataires estiment qu'il s'agit d'une réforme imposée, et mal pensée.

Dans quelques jours, les locataires de la centaine de milliers de logements sociaux de Wallonie vont recevoir un courrier concernant leur loyer. C'est le cas de Mireille Lecomte, qui s'attend à être augmentée: "J'occupe un logement de 60 mètres carrés. Il y a deux chambres, une moyenne et une toute petite. Et comme je suis seule, je vais devoir soit déménager, soit payer un complément de loyer de 25 euros".

Un surloyer à payer dès le 1er janvier pour une chambre excédentaire, jusqu'à 150 euros de plus pour 4 chambre en trop ... à moins que le locataire accepte de déménager dans un logement sur-mesure. Dans les deux cas, Mireille s'estime être piégée: "Soit on déménage, et ça va nous coûter cher. Soit on paye un supplément. Donc on est piégé, d'une façon ou d'une autre".

Rester et payer, c'est ce qu'elle s'apprête à faire car à 63 ans, elle ne s'imagine pas quitter un quartier auquel elle est attachée.

Président du comité consultatif des locataires de la Maison liégeoise, société de logements sociaux qui gère 4000 habitations en Cité ardente, Pierre Demeuse a sorti sa calculette: "Le loyer moyen, en Région wallonne, est de 230 euros. 25 euros, c'est plus de 10% puisque c'est un montant qui est fixe, qui est forfaitaire et qui n'est pas adapté aux revenus du ménage. On augmente donc la précarité des gens".

Cette association de locataires réclame donc le maintien du principe d'une chambre excédentaire sans surloyer et une aide financière pour les déménagements qui se justifieraient.

 

M. Hildesheim

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK