Bientôt plus aucun train vers le port de Bruxelles ? Fin 2020, Infrabel devra démonter la ligne qui y mène

Le port de Bruxelles gère 6 kilomètres de quais et 14 kilomètres de voies d’eau. 200 entreprises sont installées sur les 107 hectares de superficie du domaine portuaires. 7,3 millions de tonnes de marchandises ont été transportées et transitées par le port en 2018.
Le port de Bruxelles gère 6 kilomètres de quais et 14 kilomètres de voies d’eau. 200 entreprises sont installées sur les 107 hectares de superficie du domaine portuaires. 7,3 millions de tonnes de marchandises ont été transportées et transitées par le port en 2018. - © Tous droits réservés

L’histoire est kafkaïenne ou plutôt bien belge. Le 31 décembre 2020, Infrabel devra démonter la ligne 26A qui mène au port bruxellois sous peine de lourdes amendes. "On parle de 7 millions d’astreintes financières chaque année de dépassement", explique un des porte-paroles du gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire belge.

En cause : un arrêté royal de 2004 qui le stipule. Il avait été pris par le gouvernement fédéral de l’époque. Sauf qu’aujourd’hui, avec la prise de conscience environnementale, plus personne ne veut la supprimer. Elle permet en effet à des trains de marchandises d’accéder au port. Sans cette ligne, il y aurait 3500 camions en transit en plus dans la capitale selon Bruzz, le journal bruxellois.

Comment en est-on arrivé là ?

Tout démarre en 2004 avec ce fameux arrêté royal. Il est pris pour céder des terrains de la SNCB sur lequel se trouve la ligne au Fonds pour l’infrastructure ferroviaire. Dans cette grande parcelle se trouve une zone de 40 hectares de Schaerbeek formation. Un lieu qui va être convoité par la Région bruxelloise. En 2007, un projet d’y construire un stade national de football est lancé. Avant d’être abandonné en 2013.

Puis, les années passent. Mais la région veut toujours racheter le terrain. Des négociations sont lancées entre tous les acteurs (le port de Bruxelles, le fédéral, la Région bruxelloise, Infrabel et le Fonds pour l’infrastructure ferroviaire). Mais elles capotent.

Le port soutenu par la Région décide alors de saisir la justice. C’était en 2018. "La difficulté, au départ, c’est qu’il y a eu un changement de vision de la part de la Région de Bruxelles-capitale par rapport à l’affectation de Schaerbeek formation", explique François Bellot ministre fédéral de la mobilité. "Initialement, il était prévu d’y mettre le stade national. Mais l’arrêté royal est toujours bien là. Il a été impossible de trouver un compromis entre les différents acteurs. Donc, maintenant, on en est à une action devant le tribunal de première instance de Bruxelles qui va trancher dans cette affaire qui est très complexe".

Pourquoi ce dossier est-il aussi compliqué ?

Le problème, c’est qu’en 2004, cet arrêté a été pris dans un tout autre contexte. Près de quinze ans plus tard, chacun en convient cette ligne ferroviaire est utile notamment pour des questions environnementales.

"C’est un dossier qui est lancé depuis trop longtemps, un peu comme un train fou que l’on n'arrive pas à arrêter", explique Alain Maron, ministre bruxellois en charge du port de Bruxelles. "Et donc pour le moment, on s’oriente vers un démantèlement de ces voies de chemin de fer. Ce qui serait totalement absurde. En cause : une négociation qui n’a pas abouti entre les acteurs régionaux d’une part, et les acteurs fédéraux d’autre part. Mais nous pensons que cette négociation doit aboutir. Il est hors de question que de manière un petit peu unilatérale on retire les voies de chemin de fer du côté d’Infrabel".

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