Beloeil: des élèves de primaire taguent leur cour de récré

Une formation aux graffiti, pour des élèves de 5e et 6e primaire : cela peut surprendre ! A l’école de Thumaide, un graffeur professionnel initie les enfants à sa discipline. Et c’est le coup de foudre chez ces jeunes de 11-12 ans. Ça change aussi… De la préparation au CEB !

 

Chacun sa couleur, et sa bombe. Ils ont 100 mètres carrés de mur à recouvrir. En appliquant les consignes du pro, Gauthier alias "Amty Oner". Originaire de Tournai, il graffe depuis 25 ans. "Et depuis une vingtaine d’années, je vais dans des écoles, pour faire connaître ma discipline". Les murs de l’école ont été divisés en différentes zones. Sur chaque parcelle, un numéro, associé à une couleur. "C’est comme du coloriage, en fait. Il faut remplir les espaces". Remplir, oui! Mais attention : pas n’importe comment...

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Moi, moi, moi!!! Gauthier/Amtyone ne manque pas de volontaires. © C L

Louise vient d’apprendre "la" technique, celle "de l’imprimante". "Il faut faire des mouvements de droite à gauche ou de gauche à droite". A côté d’elle, Timothée a choisi une bombe de bleu. Il s’applique, consciencieusement, et bien content d’être là. "C’est cool, comme activité !" Gauthier l’encourage. "Super, dis ! Le geste parfait !!!"

C’est l’école qui finance l’activité, grâce au profit de petites ventes, réalisées tout au long de l’année. "Sans l’adhésion des parents, ce ne serait pas possible de faire ça ! insiste Madame Valérie. "En fait, nous avions déjà un projet sur la cour de récré, qui a été divisée en différentes zones, la zone de jeu, la zone calme, etc. On a décidé d’aller plus loin, pour habiller les murs de l’école. Et le résultat est… Wouah ! Magnifique. J’ai hâte de voir la fin".

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Des enseignantes qui s'émerveillent © C Legrand

En plus des couleurs, les murs sont recouverts de petits messages. Les élèves ont "brainstormé" avec leur professeur de citoyenneté. Le graffeur leur a soumis des questions, anodines en apparence, mais pour faire jaillir les idées. "Je commence souvent par leur demander à quoi sert l’école. Ils commencent par me dire… À rien", nous confie Gauthier en riant. "Puis le débat s’engage. Ça part dans tous les sens. Au final, je trouve ça vraiment intéressant, il y a des messages d’amour, de solidarité, de partage… Des valeurs que j’ai envie de transmettre".

"L’école du bonheur", "s’écouter", "gentillesse"…Les mots fleurissent, et mettent du baume au cœur. "C’est aussi comme une signature, que l’on va laisser, après notre passage dans l’école", poursuit une jeune artiste. "Notre année a été un peu particulière, on n’a pas pu faire grand-chose comme activité. C’est chouette de pouvoir réaliser quelque chose de différent, et qui va rester !" Entre deux explications "techniques", Gauthier les met en garde, s’ils veulent retenter l’expérience à l’avenir. On ne tague pas "à la sauvage", n’importe où, n’importe comment. Mais au fait… Les jeunes avaient-ils déjà vu des fresques comme celle-ci ? "Moi non. Jamais", reconnaît une élève.

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100 mètres carrés à "habiller" © C Legrand

"Moi j’avais vu des tags, déjà, à la gare, mais de plus petits". "C’est une discipline artistique parmi les plus importantes, mais encore mal connue", poursuit Amty Oner. "Je veux leur faire découvrir ce qu’on peut faire, bien au-delà des tags style NTM ou les smileys sur un banc, une poubelle". Les graffeurs en herbe doivent avoir terminé le travail pour la fin de la semaine. A l'école de Basècles, la même expérience a été menée. Les murs sont repeints depuis une semaine. 

 

Si vous habitez la commune de Beloeil, ouvrez l’œil : cinq graffeurs professionnels sont à l’œuvre. Ils étalent leur art sur des vitrines, des murs de l’entité. Cela fait partie d’une grande "expo à ciel ouvert", menée en partenariat avec le centre culturel. Les amateurs de tags ne manqueront pas la battle qui se tient ce week-end, sur les murs du Centre culturel Jean Degouys.

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Beloeil : des élèves taguent la cour de récré © Tous droits réservés
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