Belges enrôlés en Syrie: les bourgmestres bruxellois sont démunis

Les bourgmestres bruxellois sont démunis
Les bourgmestres bruxellois sont démunis - © RTBF

En réaction à la rencontre entre les bourgmestres d'Anvers, Malines et Vilvorde qui s'est tenue jeudi soir, le bourgmestre de la ville de Bruxelles Freddy Thielemans (PS) a fait part à la presse, vendredi après-midi, à l'hôtel de ville, de son approche de la problématique des jeunes Belges radicalisés qui partent combattre en Syrie. Il estime son pouvoir d'intervention limité.

Le bourgmestre a rencontré, vendredi passé, avec le commissaire Saad Amrani, cinq à sept des familles touchées et un imam progressiste de la ville de Bruxelles : "Nous avons parlé à ceux qui vivent cette situation dans leur chair et aux responsables de mosquées qui ont une autorité morale, explique Freddy Thielemans. Les familles ont demandé à être aidées dans le processus de déradicalisation. Nous les avons mis en contact avec le service de prévention Bravvo et les services de police."

Le bourgmestre a déclaré avoir été alerté par les animateurs de rue dès que le phénomène de radicalisation a commencé à se faire ressentir. Il entend analyser la situation avec les acteurs du terrain concernés afin de dégager des solutions communes. S'il peut soutenir les mineurs radicalisés lorsque les familles en font la demande, il estime que son pouvoir d'intervention auprès des individus majeurs est limité. Il s'en remet au niveau fédéral pour définir les lignes politiques à suivre.

Contrairement à ce qui a été fait à Anvers jeudi soir, aucune concertation spécifique entre les bourgmestres de la région de Bruxelles-Capitale n'est planifiée. "Notre système d'organisation diffère de celui d'Anvers et la coordination de nos polices est particulièrement efficace, justifie Freddy Thielemans. La problématique peut tout aussi bien être abordée normalement à la conférence des bourgmestres qui se tiendra la semaine prochaine."

Freddy Thielemans ne dispose d'aucun chiffre concernant les jeunes bruxellois partis se battre en Syrie. Considérant la mouvance du phénomène, il se dit dans l'impossibilité d'estimer le nombre de mosquées à tendance radicale sur son territoire, mais assure que la police déploie un réseau d'observation adéquat. Il affirme, enfin, être ouvert à une collaboration avec les imams prêts à s'investir contre ce phénomène.


Belga