Beauraing : Mara Seny, une artisane qui restaure des sièges en cuir de véhicules anciens

tue d’une robe longue rehaussée d’un tablier, les cheveux coiffés dans une longue tresse, Mara nous ouvre la porte de son atelier niché dans le corps de ferme d’une ancienne exploitation agricole. Une pièce sombre ponctuée de quelques lampes de travail orientées tantôt sur un morceau de peau, tantôt sur une imposante machine à coudre où se déroulent de grosses bobines multicolores.

Un véritable cabinet de curiosités qui renferme une multitude de bocaux remplis de boutons, un ancien catalogue d’échantillons Oldsmobile et sur l’établi, les sièges d’une MG B en cours de restauration.

La vocation tardive d’une touche-à-tout

Après des études artistiques, une formation de graphiste et un parcours professionnel varié, cette passionnée de couture s’est lancée dans la sellerie automobile. "Il y a quatre ans, j’étais chez mon garagiste pour effectuer l’entretien de ma voiture et le patron m’a spontanément proposé de refaire une sellerie… Et j’ai accepté", sourit Mara Seny.

"Je suis passionnée par les reconstitutions médiévales et je cousais beaucoup de costumes pour ce type d’activités. J’organisais aussi des ateliers de couture. Avec mon expérience et ma débrouillardise, je me suis rendu compte que j’étais compétente", explique encore cette mère de famille.

De beaux matériaux et des gens passionnés

Actuellement, aucune formation n’est organisée pour apprendre le métier de sellier automobile. Mara est tombée dedans presque par accident. Elle qui avoue ne rien connaître en matière d’automobile.

"C’est devenu une passion. J’adore l’histoire et ce métier réclame souvent des recherches préalables pour retrouver des documents, des photos d’époque. Ces photos servent de base pour la restauration à l’identique", explique-t-elle.

Pour Mara Seny, la sellerie est pratiquement devenue un art : "chaque voiture, chaque siège est chaque fois un nouveau défi".

La sellerie est un marché de niche. Mais comme l’explique Tristan Slegers, le garagiste avec qui Mara travaille, "il y a quand même 250.000 voitures anciennes en Belgique. Il existe tout un réseau de sous-traitants qui travaillent dans des domaines parfois très, très pointus comme celui de Mara".

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