Beaucoup d'agitation au Gesù, "mais pas d'évacuation dimanche", assure la police

Une trentaine de sans-papiers ont quitté le couvent du Gesù par crainte d'une descente de police, selon un de leurs avocats. On ignore l'identité de ces personnes. Elles auraient trouvé refuge auprès d'une association. Selon Me Jacques Wathelet, la plupart des familles avec enfants résident légalement dans notre pays et se trouvent actuellement encore à l'intérieur du couvent.

La panique s'est emparée dimanche de l'ancien couvent dont les occupants sont menacés d'expulsion. Le bourgmestre ne confirme ni n'infirme que l'expulsion aura encore lieu ce soir.

 

Rencontre avec Emir Kir

Les occupants du couvent du Gesù et leurs avocats sont partis dimanche après-midi en direction de la maison communale afin d'entamer un dialogue avec Emir Kir. Selon Me Jacques Wathelet, le bourgmestre a enfin réagi et recevra une délégation à 18 heures. Le problème du relogement des quelque 200 occupants après leur expulsion sera évoqué, étant donné que la proposition actuelle, qui prévoit 20 lieux de résidence possibles, ne satisfait pas les avocats.

Les avocats entendent obtenir une solution concrète pour les occupants du Gesù. Emir Kir a avancé entre autres comme raison de l'expulsion des problèmes liés à la sécurité du bâtiment ainsi que des activités criminelles telles que le trafic de drogues et des faits de prostitution. La zone de police Bruxelles-Nord a confirmé qu'une enquête était en cours mais n'a pas voulu en dire davantage.

Expulsion confirmée

Samedi, lors d'une conférence de presse, le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, a confirmé sa décision d'expulser les squatteurs du couvent "Gesù", soit plus de 220 personnes dont une petite centaine d'enfants. Il annonce qu'il mettra temporairement neuf appartements à disposition de ces personnes. La région bruxelloise propose à ce stade cinq autres logements.

La commune de Saint-Josse mettra temporairement neuf appartements à disposition des occupants actuels du Gesù, dont huit directement après l'expulsion. La région bruxelloise espère de son côté pouvoir leur en proposer onze autres. Mais elle n'a pour l'instant de certitude que sur l'attribution de cinq logements.

Emir Kir a annoncé que pour déterminer combien de logements seront nécessaires au total, "nous identifierons et contrôlerons les occupants au moment de l'évacuation". Selon le bourgmestre, le couvent du Gesù est devenu une zone de non-droit. Pour que les occupants du Gesù puissent avoir accès à ce nouveau logement, il leur faudra donc se soumettre à un contrôle d'identité.

"Transférer comme cela les gens dans un autre logement n'est pas une solution à long terme valable", estime Emir Kir. "Retrouver la dignité passe par avoir un toit au-dessus de la tête mais aussi par d'autres choses comme, par exemple, trouver un emploi."

Les 220 occupants de l'église du Gesù à Saint-Josse-ten-Node occupaient toujours les lieux samedi midi malgré la décision du bourgmestre Emir Kir d'en ordonner l'évacuation.

Le délégué aux droits de l'enfant, Bernard Devos a réagi ce samedi soir avec colère: "Je suis furieuxd'entendre que les occupants n'ont à nouveau pas de date d'expulsion à laquelle se référer: pour les enfants, c'est très angoissant". Bernard Devos s'étonne : si le bourgmestre a des clefs d'appartements, pourquoi ne pas les attribuer tranquillement? Faut-il passer d'abord par une expulsion policière traumatisante pour les plus petits ?, demande encore le délégué.

RTBF avec Belga

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