Cantine fermée sur le chantier Google à Baudour: "un foutoir social" selon l'auditeur du travail

Une nouvelle infraction sociale sur le chantier Google à Baudour. A la cantine, le travail au noir était la règle (photo prétexte).
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Une nouvelle infraction sociale sur le chantier Google à Baudour. A la cantine, le travail au noir était la règle (photo prétexte). - © DR

Troisième descente en quelques mois sur le chantier Google de Baudour pour les services d'inspection du travail. Et troisième découverte d'une infraction sociale. Vendredi, l'auditorat du travail du Hainaut a découvert une fraude du côté de la cantine du chantier. Neuf travailleurs y étaient déclarés 3 à 4 heures par jour via une société d'intérim alors qu'ils prestaient entre 8 et 10 heures par jour.

"Le responsable de la cantine a tout de suite reconnu l'infraction", a indiqué l'auditeur du travail, Charles-Eric Clesse. "Le salaire afférent aux heures non déclarées était payé en noir à partir de la caisse de la cantine". En attendant la remise en ordre et le paiement d'une amende, les scellés ont été placés sur la cantine et les badges des travailleurs ont été bloqués. La cantine est donc fermée et un millier d'ouvriers est privé de repas. Ils devront prévoir leur pique-nique, car "le sous-traitant en charge de cette cantine ne peut faire appel à un autre personnel, il doit absolument régulariser les salaires des travailleurs en place et payer la régularisation".

Plus de trois millions pour les anciennes infractions

Plusieurs infractions ont été découvertes depuis novembre 2018 par l'auditorat du travail sur le chantier Google à Baudour. Le géant américain de l'informatique y construit actuellement un nouveau centre de données. Selon l'auditeur du travail, entre 570 et 600 badges d'accès de travailleurs en situation sociale illégale ont été supprimés depuis novembre. Ces travailleurs non-déclarés et opérant pour des sociétés sous-traitantes étaient d'origine notamment roumaine, bulgare, hongroise ou encore britannique.

La société Google avait réagi début décembre après la découverte des infractions sociales et avait demandé que les problèmes rencontrés soient réglés le plus rapidement possible. L'auditeur du travail a indiqué lundi que les amendes et régularisations ont été payées ou en passe de l'être, soit environ 1,5 million d'euros en amendes pénales et plus de 1,5 millions d'euros en régularisations.

Ce chantier est un foutoir social

Face à ces infractions à répétition, l'auditorat du travail du Hainaut commence à s'impatienter. "Ça devient très problématique. Ce chantier est un foutoir social", estime Charles-Eric Clesse. "À un moment où un autre, mon office mettra les scellés sur l'ensemble du chantier. Et on ne le rouvrira que lorsque l'entreprise ISG, qui en est responsable, nous donnera les garanties que tout se qui se passe sur le site est légal".

Archives: Journal télévisé 07/12/2018

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