Barry : pas assez de fraises pour satisfaire tous les clients

Barry: pas assez de fraises pour satisfaire tous les clients
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Barry: pas assez de fraises pour satisfaire tous les clients - © Charlotte Legrand

Les fraises de Guillaume Mahieu (les Vergers de Barry) sont victimes de leur succès. A peine la récolte effectuée, tout est déjà écoulé. Les fraises se vendent sur réservation uniquement. C’est la première fois que le producteur fait face à une telle demande. Il envisage d’agrandir son exploitation.

Ils sont au travail depuis 7 heures tapantes… A genoux dans la serre, Nathalie, Xavier et leurs deux collègues remplissent des centaines de raviers. « 250, déjà ! » confirme Nathalie. « Ce matin, quand j’ai appris qu’il y en avait 200 de réservés, je me suis dit 'ouhlàààà', mais ça va, on y est ! ». Guillaume Mahieu fait des allers-retours entre les « tunnels » et le local où il pèse et stocke les raviers. « Depuis qu’on s’est lancé, il y a 8 ans, on a toujours gardé le même nombre de plants. Nous avons 5000 plants sous les serres. Mais vu la demande cette année, j’envisage d’en planter 2000 supplémentaires… ».

Il a la liste des « clients du jour », tous des particuliers, qui ont réservé leurs raviers. « Ceux qui ont l’habitude savent qu’il faut réserver, sinon on n’en a pas. On fait des déçus, certains rouspètent au téléphone ou sur internet, parce qu’il n’y a plus de fraises…Que voulez-vous… On est victime de notre succès ! D’habitude, à cette époque, je propose à quelques magasins des fraises, afin qu’ils les vendent. Cette fois, on n’a plus rien du tout ! Mais… On va pas se plaindre, non plus… », sourit le jeune producteur. Il sait que la récolte de fraises est éphémère. « Tout peut s’arrêter en une dizaine de jours ! » Les fraises, à ce stade du mois de mai, sont « un peu en retard, mais de quelques jours tout au plus ».

Si le soleil montre le bout de son nez, la tendance pourrait rapidement s’inverser et mieux vaut un démarrage « en douceur » que des coups de chaleur trop violents. « Les plants peuvent de cette manière pousser correctement, et on évite des nuisibles comme l’araignée rouge, qui se développe fortement quand il fait chaud, et peut causer des ravages ».
Sous la serre, les « cueilleurs » se félicitent des températures actuelles, un peu fraîches pour la saison. « Cela nous permet de travailler dans de meilleures conditions, pas sous 40 degrés… » explique Nathalie qui se souvient de périodes de chaleur très pénibles. Xavier a lui aussi déjà « sué comme un bœuf » en ramassant des fraises par centaines. Ce travail, il l’aime énormément. « Chaque fois qu’on a besoin de moi, je suis là », conclut le jeune homme.

 

Dans la région de Barry, plusieurs producteurs de fraises se sont « lancés » cette année. « Et c’est tant mieux », estime Guillaume, « il y a encore de la place dans le secteur de la production locale de fraises. On ne peut pas parler de concurrence entre nous, la demande est forte. C’est plutôt aux supermarchés que nous faisons concurrence, à mon avis ». Et la fraise « de Lesdain », dans tout ça ? Pas trop dur de faire face à cette « concurrente » ? « Oh vous savez, je pourrais déclarer que je vends de la fraise 'de Lesdain', vu que je fais partie du groupement de producteurs. Certains la vendent sous cette appellation alors qu’ils ne la cultivent pas à Lesdain même. Pareil pour la fraise de Wépion ! Moi, je fais de la fraise de Barry, point à la ligne ! Et elle se vend très bien… »

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