Awans: rencontre avec un mordu du 7ème art

Pierre n'a pas tout à fait une maison comme les autres.  Son petit secret se trouve derrière une porte, et derrière cette porte, on y découvre sa salle de cinéma privée. "C'est une salle de cinéma qui fait partie de ma passion pour le cinéma et principalement pour la projection.  C'est une salle que j'ai réalisée, voici plusieurs années avec mes dix doigts, avec l'aide de certains amis et de parents.  C'est vraiment mon paradis".

E plus encore que la salle, c'est le côté technique qui passionne vraiment Pierre.  Son père organisait déjà des projections.  Ces appareils exceptionnels, c'est pour lui un rêve d'enfant "A mes premières Saint-Nicolas, j'ai reçu des petits appareils qui fonctionnaient avec piles et j'ai continué comme ça en augmentant, en améliorant la technique, pour arriver, étant à l'âge adulte, de pouvoir acquérir les 35 millimètres dont j'avais toujours rêvé.  Les deux 35 millimètres ont été rachetés, voici plus de trente ans, au ciné Palace de Vottem.  Je les ai démontés pour les remonter chez moi."

Et pour faire tourner ces machines, rien de tel que des films évidemment.  Pour les découvrir, nous prenons la direction de la cave où Pierre nous explique ses trésors "C'est vraiment la cave des cinglés du cinéma.  On part du panier de l'ouvreuse qui vendait des choco Mio à l'entracte à la réserve de films, réserve où je stocke mes bobines, que ce soit du 16 millimètres, du 35, du 8, du Super 8.  J'ai des actualités, des compléments, des extraits de films.  Je crois que j'ai des centaines de bobines et si on compte encore celles que j'ai un peu dans le garage, ça fait quelque grosses centaines de bobines".

Retour dans la salle ...  Aujourd'hui, Pierre a invité deux amis, passionnés comme lui, pour une projection très particulière.  Ce sont septante-deux minutes exclusives tournées à Huy entre 1939 et 1942.  Huy en temps de guerre, des bobines que Pierre a retrouvées par hasard au fond de sa cave.  Avec ses amis, il les a numérisées avant qu'elles ne disparaissent, comme l'explique Jean-François Vandenbempt, passionné également de cinéma "Les bobines arrivent à un point où elles se dénaturent très vite.  C'est-à-dire qu'elles attrapent un goût de vinaigre, elles attrapent des champignons, des moisissures.  Il était grand temps de les numériser pour les sauver.  On attendait encore cinq ans et il n'y avait plus d'archive".

Les bobines sont toujours là comme souvenir, comme relique.  Car aujourd'hui, ces "cinglés de cinéma" espèrent que dans la cave de Pierre, il reste encore quelques trésors bien cachés.


Eric Destiné

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