Avec le froid, ouverture timide, à l'aube, de la pêche à la truite

Moins six degrés en bord de Haute-Lesse, à Villance, sur la commune de Libin, pour l’ouverture officielle de la pêche à truite, ce samedi 20 mars une heure avant le lever du soleil. Seuls les phares des voitures de Guy Mahin, pêcheur et président de la fédération halieutique de Villance, et du garde-pêche, René Duchêne, défient l’obscurité. Arrivés au bord de l’eau à Villance, pas d’autres pêcheurs à l’horizon. "Il fait trop froid à cette heure. Le poisson va rester collé au fond de la rivière et il va falloir aller le chercher. On ne va pas faire de prises miraculeuses ce matin" s’exclame Guy Mahin. Alors, pourquoi venir ? "Pour l’ouverture, pour se dire 'j’ai posé ma ligne'. Si je fais une touchette, je serai heureux. C’est un rituel, faut être là". Mais la plupart des pêcheurs arriveront plus tard. Quand le soleil aura réchauffé l’atmosphère.

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Guy Mahan venu pêcher au toc à l'ouverture de la pêche à la truite, Haute-Lesse, Villance © RTBF - Anaïs Stas

Malgré des mois sans pêche, les gestes du pêcheur expérimenté sont précis. "C’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas". Le ver de terre est rapidement enfilé sur l’hameçon, la pêche commence. Après quelques minutes, une petite truite fario sauvage mord à l’hameçon. "Elle fait 18 cm. Elle est née dans un affluent. Ça se voit à ses couleurs, puis elle a des sangsues accrochées, preuve qu’elle a été collée au fond de la rivière tout l’hiver". Guy Mahin, pêche au toc "comme j’ai appris enfant, avec de gros vers. J’adore cette technique. Je n’ai jamais changé". Il observe la petite truite pêchée. "Elle n’est pas abîmée du tout. On peut la relâcher". Quelques minutes plus tard c’est une grosse truite d’élevage, de rempoissonnement, qui mord à l’hameçon. "Elle fait 30 centimètres. Elle aussi je vais la relâcher. Je ne mange que deux, trois truites par an. On choisit bien son poisson et on veille à ne pas l’abîmer".

La pêche est très réglementée explique le garde-pêche, René Duchêne. "Ici à Villance, un pêcheur ne peut prélever que trois truites par jour et trente par an". A 75 ans, l’homme est un passionné. "Je pêche à la mouche depuis mes six ans. Mais je ne pêche pas sur les parcours que je garde". Toute l’année, l’homme patrouille. "Depuis qu’il est là, il y a nettement moins de braconnages" se réjouit Guy Mahin.

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