Avec la marmite citoyenne, des décrocheurs scolaires viennent en aide aux sans-abris

L'asbl Seuil aide les jeunes décrocheurs scolaires à retrouver le chemin de l'école.
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L'asbl Seuil aide les jeunes décrocheurs scolaires à retrouver le chemin de l'école. - © RTBF

Redonner le goût de l'école à des décrocheurs scolaires. C'est l'objectif de l'asbl Seuil à Etterbeek, dans la région bruxelloise. Tout au long de l'année scolaire, elle propose des projets à une douzaine de jeunes pour les remotiver. Cette semaine, l'action s'appelait la marmite citoyenne. L'objectif : récolter des invendus et des dons chez des commerçants pour cuisiner des repas servis aux sans-abris. 

La pluie tombe abondamment sur les cinq jeunes qui participent à l'opération ce mardi matin. Zakaria, Nathan, Noah, Samy et Evan, sacs de course entre les mains, ont arrêté l'école depuis plusieurs mois. "L'école et moi, ça fait deux, raconte Nathan. Je m'admets pas l'autorité des profs, je me braquais souvent avec eux." Ses résultats scolaires n'étaient "pas du tout correct", poursuit-il.

Son école l'a alors orienté vers l'asbl Seuil, un service d’accrochage scolaire fondé il y a une douzaine d'années. "Tous les jeunes qui viennent ici sont en décrochage scolaire pour des raisons personnelles, familiales, explique Stéphane, l'un des éducateurs qui encadre le groupe ce matin-là. Il n'y a pas de raisons types ou précises."

Les jeunes pris en charge viennent tous les jours de la semaine dans les locaux de l'association. "Ils sont en âge d'obligation scolaire", rappelle Stéphane. Certaines journées sont consacrées à des projets collectifs, d'autres à des temps individuels où le jeune construit un projet individuel avec les éducateurs de la structure.

"Je suis un peu perdu par rapport à ce que je veux faire plus tard, explique Samy, 17 ans. Alors j'ai fait des stages et maintenant j'hésite entre travailler dans la vente ou dans la restauration."

Sandwiches salade-tomate-oignon

Dans le quartier du Midi, le groupe s'arrête dans une dizaine de commerces : boulangeries, épiceries, boucheries. Au fur et à mesure de leur avancement, les sacs de course se remplissent. "On a récolté pas mal de pain, des pâtisseries et là on va aller chercher de la viande", expliquent les jeunes. À la fin de la matinée, ils ont de quoi faire des sandwiches et une grand marmite de soupe.

Le lendemain matin, dans les locaux de Seuil, les cinq jeunes mettent la main à la pâte. Il faut laver les salades, préparer des boulettes de viandes, couper les tomates et les oignons, préparer la soupe. Au bout de trois heures de travail, une soixantaine de sandwichs sont prêts à être distribués aux sans-abris.

Après une pause déjeuner, le groupe entame sa maraude. Direction d'abord l'arrêt de métro Trône, puis ensuite la gare du Midi. À chaque fois, un des jeunes s'avance vers la personne démunie en compagnie d'une des éducatrices, lui propose plusieurs sandwiches. En retour, les jeunes obtiennent un sourire et un merci.

"Quand ils disent merci, ça fait des bons points dans ta vie, confie Samy. Donner à manger à quelqu'un qui est dans le besoin, ça fait vraiment du bien, je vous le dit franchement !"

À la rentrée prochaine, quelques jeunes reprendront le chemin de l'école, souvent en intégrant des formations professionnelles en alternance.

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